La transmission du virusLe
cancer du col de l'utérus est dû à un virus, l'HPV (papillomavirus humain) très fréquent et sexuellement transmissible. Il existe plus d'une centaine de papillomavirus, mais seulement une vingtaine d'entre eux sont réellement oncogènes (cancéreux, dits à haut risque), responsables de
cancers génitaux. Les papillomavirus 16 et 18 sont les deux qui représentent le plus de risques. Ils sont la cause d'environ 70 % des
cancers. Un
cancer se développe parfois entre 15 et 20 ans après la contamination.
HPV non cancérigène
Il existe aussi des HPV non-oncogènes dits à bas risque, qui sont à l'origine de tumeurs bénignes appelées condylomes acuminés, sortes de petites verrues que l'on retrouve sur les parties génito-anales. La plupart de ces infections régressent spontanément. 80 % des femmes exposées au HPV s'en débarrassent naturellement grâce à leur immunité, en une année environ.
Le frottis et ses limitesLe
frottis reste un examen très utile pour détecter d'éventuelles anomalies. S'il a permis de faire reculer l'incidence du
cancer utérin, celui-ci a hélas ses limites. En effet, 30 % des cas de
cancer du col surviennent chez des femmes ayant subi régulièrement un
frottis. D'où l'importance de l'association de deux examens :
frottis et test HPV.
A noter que seulement 60 % des femmes font un dépistage régulier, tous les ans, voire tous les deux ou trois ans, selon la prescription de leur médecin.
Le dépistage frottis-test HPV
Le moyen le plus sûr pour détecter les premiers signes d'un
cancer du col consiste à associer le traditionnel
frottis à un test HPV. En effet, un
frottis normal et un test HPV négatif garantissent quasiment à 100 % que le risque de développer un
cancer est nul pour les trois années à venir, voire plus. Le test HPV présente l'énorme avantage de détecter le virus avant même que des anomalies n'apparaissent. Actuellement, on ne réalise pas de test HPV en première intention. Il n'est pratiqué que lorsque des petites anomalies, dites douteuses, sont détectées au
frottis.
Ce test fait appel aux technologies de biologie moléculaire. Il peut être réalisé en même temps que le
frottis par le gynécologue, mais deux prélèvements sont nécessaires. Pour le test HPV, les cellules doivent être placées dans un milieu liquide, alors que pour le
frottis conventionnel, les cellules sont généralement placées sur une lame de verre (le
frottis en milieu liquide permettant de réaliser la cytologie et le test HPV, sinon il faut faire deux
frottis successifs : le premier pour l'examen cytologie, le second pour le test HPV).
Un vaccin disponible
L'idéal serait de vacciner les jeunes filles entre 12 ans et 14 ans pour les immuniser avant un éventuel premier contact HPV lors d'un rapport sexuel. La vaccination peut également être proposée aux femmes plus âgées qui n'auraient pas eu de rapports sexuels ou au plus tard dans l'année suivant le début de leur vie sexuelle. Le vaccin ne peut être prescrit à une personne ayant déjà été en contact avec le virus.
Le Gardasil cible les quatre types de virus 6, 11, 16 et 18 responsables de la majorité des maladies génitales associées aux papillomavirus humains,
cancer du col de l'utérus, lésions précancéreuses de la vulve et du vagin et verrues génitales, des condylomes, appelés plus communément crêtes de coq.
Le principe est de produire des anti-corps en neutralisant le virus se présentant à la surface du col. Ainsi, celui-ci ne peut plus pénétrer dans l'épithélium (muqueuse), car le vaccin y forme comme une barrière immunologique.
Un recul de sept ans permet aujourd'hui de dire que l'efficacité de ce vaccin est quasiment de 100 % et qu'il est bien toléré.
Mais n'oublions pas que les HPV 16 et 18 ne sont responsables que de 70 % des
cancers du col utérin et que 30 % des tumeurs resteront encore inaccessibles à la prévention par les vaccins. La vaccination ne remplace en aucun cas le
frottis de dépistage annuel.
En pratiqueTrois injections sont nécessaires pour que le vaccin Gardasil soit efficace. La deuxième se fait deux mois après la première, puis la troisième quatre mois après.
Il faut compter 135,59 euros la dose, dont 65 % du montant sont remboursés par la Sécurité Sociale.
Merci au Professeur Christine Clavel, pathologie cellulaire et moléculaire - CHU de Reims