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Justine : à 14 ans, j'ai arrêté de manger !

Article par Laurence BOURDOULEIX , le 24/01/2007 à 10h54 , modifié le 11/07/2007 à 17h07 0 commentaire

Dans un livre très émouvant, Justine raconte comment d'un simple petit régime elle est tombée dans l'engrenage de l'anorexie, spirale infernale de la maigreur. Aujourd'hui elle va beaucoup mieux. Elle nous confie sa descente aux enfers, l'envie de s'en sortir et surtout de ne plus jamais retomber dans cette maladie.

Vous trouverez un résumé du livre de Justine en page 2.

Vous faites preuve d'une force de caractère impressionnante, car contrairement à beaucoup d'anorexiques vous aimiez manger. Que vouliez-vous prouver ?
En effet, j'ai toujours aimé manger et pour moi entamer un tel régime a été une véritable torture. Mais je voulais me prouver que je pouvais contrôler mes émotions, que j'avais une certaine puissance sur moi.

Etiez-vous consciente que votre attitude était dangereuse ?
Quand on est dans la maladie on ne rend compte de rien. C'est avec le recul que j'ai réalisé conscience que j'avais pris des risques pour ma santé. Aujourd'hui j'ai encore quelques problèmes physiques, mais rien de grave. Heureusement je n'ai pas de séquelles irréversibles.

Les causes de votre anorexie sont multiples, mais pensez-vous que le fait de voir des filles toujours plus maigres dans les journaux ait eu une incidence sur votre décision ?
Même si mon anorexie est due, en effet, à pas mal de facteurs, les magazines ont certainement eu une mauvaise influence sur moi. J'étais trop grosse par rapport à ce que je voyais. Je ne rentrais pas dans les normes. Pourtant aujourd'hui je me rends compte que la féminité n'est pas synonyme de maigreur. A ce moment-là je ne ressemblais plus à une femme, je n'étais pas moi-même. Et contrairement aux pro anorexiques je ne me suis jamais trouvée jolie dans cet état. Je suis tombée dans l'anorexie pour exprimer un mal être profond que je n'arrivais à extérioriser et à résoudre.

Etes-vous consciente d'avoir fait du mal à votre famille ?
Pendant la période d'anorexie j'en avais conscience, mais malgré tout, égoïstement, je pensais que la seule personne qui souffrait c'était moi. Je m'en veux. Encore plus pour mes petites sœurs. Je leur ai montré un modèle qu'il ne faut surtout pas suivre. Je suis parfois inquiète à l'idée qu'elles reproduisent ce que j'ai fait, notamment Clotilde la plus grande. Elle était la seule à qui je parlais de la maladie et je l'ai rendue complice de mes agissements, de mes bêtises. Aujourd'hui j'évite d'aborder le sujet avec elle.

A quel moment avez-vous décidé de vous en sortir ?
Je crois que j'ai vraiment eu un déclic au moment du Tour de France 2006. J'ai toujours vécu dans ce milieu et j'aime ce sport. J'en ai d'ailleurs voulu à mon père d'avoir arrêté les compétitions et m'éloigner de l'ambiance des courses. Cet été j'ai été invitée à une étape, c'était super, j'ai rencontré plein de grands coureurs, j'ai repris confiance en moi. C'est là que j'ai décidé de devenir journaliste sportive.

Aujourd'hui comment vous sentez-vous ?
Même si, suite à mes crises de boulimie, je me trouve encore un peu ronde, je me sens mieux, plus féminine. Je ne surveille plus mon alimentation et ne fais plus de crises. De toute façon, il est hors de question que je replonge. Mais tout cela est encore récent, je suis toujours suivi par un médecin et tant que je ne me sentirai pas totalement guérie, je continuerai à le voir. Mais en guérit-on un jour à 100 % ?

Pour consulter le blog de Justine : http://youstinette.skyblog.com/



Résumé du livre

C'est à 14 ans que Justine, jusqu'alors petite fille modèle, décide d'entamer sérieusement un régime. Elle mesure 1m73 pour 76 kg. Elle ne supporte plus ses rondeurs, surtout qu'à l'école les filles affichent avec fierté leur minceur. Ses parents commencent à lui faire quelques petites réflexions sur son appétit. Elle décide alors d'entamer un régime qui se révélera plutôt une grève de la faim. Pour Justine sa nourriture quotidienne doit tenir dans un bol et encore. Elle prouve ainsi à ses parents, mais aussi a elle-même qu'elle est capable de tenir et surtout de s'infliger un contrôle très strict. En deux mois, elle perd 10 kg. Le processus est engrangé, elle ira jusqu'au bout et ce, même si elle passe des nuits à rêver de nourriture.

Son comportement change du tout au tout. Elle devient triste et perd sa joie de vivre. Le diagnostic de l'anorexie tombe, mais rien ne la fait changer d'idée. Elle mène une vie infernale à ses proches, les repas se terminent systématiquement dans les larmes. Elle perd plus de trente kilos, devient l'ombre d'elle-même et prend des risques pour sa santé. Elle est nourrie par sonde naso-gastrique, mais ses parents la voyant à bout de force la font hospitaliser. Tout cela ne règle rien. Elle va sombrer dans l'excès inverse, la boulimie. Le vrai déclic pour s'en sortir viendra durant l'été 2006. Aujourd'hui elle reprend confiance en elle, mange normalement, mais ne s'avoue pas encore totalement guérie.

 
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