Jacques Chirac avait prévenu : il s'investirait d'une façon différente pour les peuples après sa présidence. C'est chose faite. Par le biais de sa fondation, l'ancien chef de l'Etat souhaite mettre un terme au marché des faux médicaments qui circulent dans le monde, et principalement en Afrique. L'appel de Cotonou donne ainsi le coup d'envoi d'une campagne de sensibilisation contre ce marché frauduleux.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, 200 000 vies pourraient être sauvées chaque année si les médicaments distribués étaient les bons. La plupart du temps, ils sont sans ou avec peu de principes actifs, donnés à mauvais escients ou même périmés.
"Quand il s'agit d'un médicament touchant une affection potentiellement mortelle comme des anti-paludiques ou des antibiotiques, c'est particulièrement redoutable" explique le Pr Gentillini, délégué général pour l'accès aux médicaments de qualité de la Fondation Chirac.
Ce trafic est celui que l'on "favorisera au détriment de la santé des malades tant qu'on ne saura pas proposer de médicaments à bas prix dans les pays pauvres" regrette-t-il.
Pour Faustin Kabeya, président du Conseil provincial de l'Ordre des pharmaciens de Kinshasa, dans la capitale de la République Démocratique du Congo, "4000 officines portent le nom de pharmacies" contre 70 autorisées. "Le circuit de distribution officiel n'est pas respecté, l'importateur-distributeur n'est pas contrôlé" dit-il.
D'après l'OMS, les faux médicaments représenteraient 10 % du marché pharmaceutique mondial, soit environ 45 milliards d'euros.
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