Pimpante, un sourire immense, Elodie Attias est en pleine forme. Ce n'était pas le cas il y a quatre ans, lorsqu'on lui a diagnostiqué un ostéosarcome ou cancer des os. La jeune femme vient de publier un livre qui raconte son combat, La Carte Chance, aux Editions JC Lattès.
Qu'est-ce qui vous a amené à écrire votre histoire ?
Je ne l'ai pas écrite pour me soulager mais pour transmettre un peu de mon énergie. J'ai été tellement bien entourée et on m'a tellement donné pendant ma maladie que j'ai voulu donner à mon tour. J'ai aussi souhaité montrer qu'on ne doit pas faire du cancer un tabou. Ce livre sert un peu à décoincer l'atmosphère !
Comment avez-vous abordé votre expérience ?
Dès le départ, je ne me suis pas posé la question : "Combien de temps il me reste ?" mais "Quand est-ce que cela va se finir et quand est-ce que je reprendrai une vie normale ?" J'ai essayé de ne pas flancher grâce à l'humour. Car si on craque les autres craquent aussi, tandis que si l'on est solide et qu'on dit aux autres de se comporter normalement, ils n'osent pas flancher.
Je me suis dit que je devais vivre ça, je ne l'ai pas mal pris, plutôt que de me dire tous les jours "c'est injuste". Non, j'ai plutôt imaginé l'après-guérison dès le début. Il y a aussi le facteur chance, je sais que tout le monde ne réagit pas de la même façon, mais surtout, il faut faire des projets, des voyages, avoir des objectifs. C'est une question de survie sinon on s'écroule.
Vous êtes d'un naturel otpimiste...
En fait, dès que j'ai su que j'avais ce cancer, les médecins m'ont dit "Tu vas en guérir." J'ai retenu cette phrase, et même si ce n'était pas rose tous les jours, je me suis dit que c'était une maladie qui allait durer plusieurs mois, et que tout redeviendrait comme avant ou presque. Je me disais que la chimiothérapie était une cure, que ça tuait les mauvaises cellules pour mieux me faire renaître.
Vous pensez que ce livre peut aider les malades et leurs proches ?
Ce n'est qu'un témoignage, mais un témoignage positif, qui prouve que c'est possible de bien appréhender la maladie. Mais le cancer est la colonne vertébrale du livre, un prétexte pour aborder la souffrance en général. Cette histoire montre comment plusieurs personnes vivent la maladie : une mère, une soeur, des amis... Ce n'est ni politique ni critique. Je ne l'ai pas vécu comme ça, le personnel hospitalier était adorable, j'ai été soignée, chouchoutée par eux et mes proches.
Vous dites que la maladie vous a beaucoup pris mais énormément apporté aussi...
Le cancer a été un tremplin pour moi, pour mon mieux-être. Je suis restée naturelle, j'ai écouté mes désirs tout comme les peurs des autres, et je ne me suis pas mis de limites. J'ai appris à faire le tri, à revenir vers l'essentiel, et à dédramatiser ! Et la qualité de vie n'en est que meilleure.
J'ai pris le scancer comme un avertissement qui m'a fait me demander : "Es-tu sur la bonne voie ou celle que veulent les autres pour toi ?" Ce livre est aussi là pour dire de prendre les décisions pour soi et pas par rapport aux autres. Et ne pas avoir de tabou, de parler de tout. J'ai toujours dit à mes proches de me poser toutes les questions qu'ils voulaient. J'ai appris aux autres à ne pas avoir peur.
Aujourd'hui je m'écoute, je sais ce qui est bon pour moi, je fais une sorte de planning : je sais qu'après un moment difficile un moment bien va suivre !
La Carte Chance, Elodie Attias, Ed JC Lattès, 18 €