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Faut-il avoir peur des bouteilles en plastique ?

Article par , le 21/04/2009 à 16h52 , modifié le 21/04/2009 à 17h53 1 commentaire

Les bouteilles en plastique propageraient dans l'eau minérale des hormones qui pertuberaient la sexualité de l'être humain. Faut-il donc boycotter les boissons contenues dans ces emballages ?

Des emballages nocifs ?

Une récente étude vient de démontrer que l'eau vendue dans des bouteilles en plastique contiendrait deux fois plus d'hormones que l'eau du robinet ! Faut-il donc bannir ces bouteilles par peur d'une menace sur notre sexualité

Ce sont les résultats auxquels sont arrivés les chercheurs allemands Martin Wagner et Jörg Oehlman, de l'université Goethe à Francfort. Cette étude, publiée dans la revue Environnemental Science and Pollution Research, affirme que le plastique des bouteilles libèrerait dans l'eau minérale ce qu'on appelle des perturbateurs endocriniens. Ces hormones, féminines et masculines, seraient deux fois plus présentes dans cette eau que dans l'eau du robinet ou celle contenue dans des bouteilles en verre.

On ne connaît pas encore très bien les effets précis de ces hormones à très faible dose sur la santé, mais les scientifiques supposent qu'elles peuvent troubler le développement et les fonctions sexuelles et reproduc­trices chez l'homme.

Les observations se sont effectuées sur vingt emballages en plastique d'eaux minérales vendues en Allemagne. Ces emballages contiennent tous du polyéthylène téréphthalate (PET), un type de plastique également présent dans les bouteilles en plastique de boissons gazeuses ou d'huiles culinaires. Le PET est aussi utilisé pour tapisser l'intérieur des briques de boissons de nombreuses marques. Ce composant sert à garantir "la transpa­rence du plastique, sa résistance aux chocs, son faible poids et son imperméabilité à l'eau, aux gaz et aux arômes", selon l'étude.

Une expérience étonnante 

Afin de montrer l'activité hormonale dégagée par le plastique, l'expérience a consisté à mettre de petits escargots d'eau douce et des levures génétiquement modifiées dans l'eau minérale incriminée pendant deux mois. Résultat : les levures ont changé de couleur, ce qui a mis en valeur la présence des hormones, et les escargots ont eu deux fois plus de petits qu'à l'accoutumée.

Mais les observations ont quelque peu différé selon les bouteilles choisies. Sur les 20 sélectionnées, 12 ont démontré une activité hormonale supérieure chez les levures. Deuxième observation : l'eau des briques est plus polluée par ces hormones que l'eau des bouteilles.

Evidemment, cette étude a engendré un tollé du côté des industriels qui fabriquent ces plastiques alimentaires. Les deux chercheurs souhaitaient simplement mettre en exergue la présence d'hormones dans les bouteilles, tandis que le BRF, l'organisation allemande spécialisée dans l'évaluation des risques, a rétorqué dans un communiqué que rien ne montrait les dangers pour la santé de telles hormones.

On se sait toujours pas expliquer les réactions chimiques de cette expérience, mais ce que soulignent les toxicologues est que l'on manque d'informations sur les emballages alimentaires. Le secret industriel est roi, et même les scientifiques ont du mal à obtenir la composition des produits.

L'eau minérale est décidément dans le collimateur de tous : les écologistes accusent le marché de l'eau de ne pas respecter l'environnement. Il faut en effet 7 litres d'eau pour fabriquer une bouteille en plastique. Aussi, la commercialisation de ces bouteilles nécessite des kilomètres de déplacement, contrairement à l'eau potable qui coule de nos robinets !
 
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  • Olive72, le 24/04/2009 à 11h10 : La méthode employée ainsi que les résultats ont été contestés par l'Institut Fédéral allemand d?évaluation des risques. Le Professeur Jean-François Narbonne, expert à l?AFSSA, arrive aux mêmes conclusions : « Il est impossible d?avoir des teneurs de 75 ng EEQ/L dans l?eau minérale en dehors d?une forte contamination externe. Le test utilisé est totalement inadéquat pour mesurer les contaminations en perturbateurs endocriniens dans les eaux potables et donne des chiffres en totale contradiction avec les données de la littérature portant à la fois sur des bioéssais à gène reporter ainsi que sur les analyses chimiques. » Les emballages en PET sont utilisés depuis longtemps par l?industrie alimentaire après avoir été validés et approuvés par toutes les agences de sécurité sanitaire des aliments. Les études menées au niveau international ont toutes confirmé que le PET ne pose aucun problème pour la santé publique.

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