Dossier "J'arrête de fumer" : l'industrie du tabac manipule les jeunes

Article par Clémence ORCEL , le 07/10/2009 à 09h00 , modifié le 07/10/2009 à 11h48 0 commentaire

Il suffit de se rendre à la sortie d'un collège ou d'un lycée pour s'en rendre compte : les jeunes tombent facilement dans le piège du tabac ! Explications.


"Moi je sais que je pourrai arrêter quand je voudrai, quand je serai enceinte par exemple, dans une dizaine d'années." Mathilde, 16 ans, se croit plus forte que le tabac. A l'entendre, elle ne serait pas accroc, la cigarette n'exercerait aucune dépendance sur elle. Pourtant, son petit copain n'a pas l'air d'accord. "Elle dit ça, mais quand elle a pas le temps de fumer sa clope avant le premier cours du matin, elle pète un câble ! Pour elle, c'est une drogue ! "

Les tabacologues et pneumologues sont unanimes : l'industrie du tabac manipule les jeunes, et cela depuis des années. Les adolescents adorent transgresser les interdits. Fumer c'est accéder à l'indépendance, c'est rentrer dans la cour des grands. Contrairement aux Etats-Unis ou au Canada, en France, le tabac n'est pas dénormalisé, ce qui ouvre la porte à tous les excès. Pourtant, ils devraient savoir que la première cigarette est un piège : plus on fume tôt, plus on est sensible à l'action de la nicotine (donc dépendant).

Et la manipulation va très loin. Les cigarettes bonbons (au chocolat, à la fraise, au caramel, etc.), les menthols, le narguilé, par exemple, ne sont pas vus comme du tabac à proprement parler et attirent particulièrement les jeunes.

Les campagnes de publicité et de sensibilisation au tabac ont beau se multiplier, leurs effets restent limités. Sûrement parce que les jeunes ne se projettent pas dans le futur comme le font les adultes. Parler des cancers ou maladies qu'ils pourraient contracter à 40 ans, ça ne les intéresse pas. Ils vivent dans le présent et le futur très proche.

Finalement, peut-être faudrait-il leur parler des risques immédiats pour les détourner de la cigarette. Le ternissement de la peau, la mauvaise haleine, les dents jaunes pour les filles. L'impuissance pour les garçons. Quoi que, tout ça ne semble pas impressionner Cédric, 17 ans : "Ca, c'est ce qu'ils nous disent pour nous faire peur. Moi je n'y crois pas à toutes ces mises en garde. Je ne vais pas m'arrêter de fumer pour faire plaisir à mes parents ou à mes profs. Le seul truc qui pourrait me faire arrêter la cigarette, c'est le prix des paquets." Certes, ce n'est pas le meilleur argument, mais il faudra s'en contenter...
 
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