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Dons d'organes : en parler à ses proches

Article par Laurence BOURDOULEIX , le 20/06/2005 à 11h17 , modifié le 02/06/2008 à 16h31 4 commentaires

Le don d'organes est un sujet encore trop rarement évoqué en famille. Pourtant il serait bien que chacun fasse connaître sa position à ses proches. Alors quand et comment en parler simplement ?

L'importance de donner son avis
Cette année la journée de sensibilisation au don d'organes avait pour objectif principal de faire prendre conscience à tout un chacun de l'importance d'aborder le délicat sujet du don d'organes en famille et surtout de faire connaître sa position. On peut en plus le signifier en glissant dans ses papiers une carte de donneur.
Lorsque l'on se trouve confronté à la mort accidentelle d'un proche, la douleur est telle qu'il est très difficile de prendre la décision de donner les organes du défunt. Surtout quand la famille ne connaissait pas son opinion à ce sujet. Ce que confirme avec beaucoup d'émotion la maman d'Adrien, 18 ans, décédé récemment, " heureusement que nous en avions parlé avant en famille et avec mon fils, car lorsqu'on est confronté à cette terrible question on n'a pas l'énergie de penser à une chose aussi grave à ce moment-là. C'était évident pour nous. La mort d'Adrien a pris un sens à travers la greffe. Ce qui m'aide à accepter sa mort c'est qu'à travers ce don d'organes il y a une continuation, une personne à son rein, une autre ses poumons. " Pour cette maman il était aussi important de ne pas mettre ses autres enfants à l'écart de cette décision.

Trouver le bon moment 
En France parler de la mort et du don d'organes est tabou. Certainement par superstition, mais aussi parce qu'on a tendance à se projeter dans la position du donneur. " La mort est vraiment un sujet évité dans notre société, confirme le Professeur Marcelli, psychiatre à Poitiers. Quand trouver le bon moment pour en parler spontanément à ses proches ? Ce n'est pas simple. On peut le faire à l'occasion d'un événement comme la mort accidentelle d'un ami, un article lu dans la presse. Il n'y a pas de moment idéal. " Pour ce spécialiste de la famille il est important d'en discuter quand on est détendu et surtout il ne faut pas dramatiser la discussion. N'entamez pas celle-ci en disant " tu es pour ou contre ", ce sont des mots qui excitent, il faut en trouver d'autres. Attention également à ne pas forcer une personne totalement opposée au don d'organes à justifier ce refus.
" Entre les parents et les enfants c'est encore plus difficile, remarque le professeur. Ce sont en fait les parents qui bloquent, alors que les enfants se posent très vite des questions sur la vie et la mort. Avec des mots simples on peut leur expliquer que c'est un don de vie. Mais si vraiment votre enfant exprime une angoisse par rapport à la mort, il est inutile d'aborder ce sujet avec lui. "


Don d'organes, état des lieux
L'importance du don d'organes semble aujourd'hui comprise par le public, on le sent plus confiant. Pourtant même si les chiffres sont encourageants ils ne permettent pas encore de résorber la pénurie. Au moment de la demande, le taux d'opposition au prélèvement est toujours stable entre 30 à 32 %. Chaque année en France, 2000 personnes sont en mort encéphalique et sont par conséquent des donneurs potentiels. Or, seulement 1200 prélèvements sont effectués. En 2004, 4000 patients ont été greffés, près de 400 de plus qu'en 2003. Ce chiffre est un espoir pour les personnes en attente de greffe.

 
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VOS RÉACTIONS

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  • Anaëlle, le 04/09/2009 à 08h56 : Donner des organne c'est sauver des vie!!!!!!!!!!!!!!!
  • Ludo, le 23/06/2005 à 01h26 : Ici, en Nouvelles Galles du Sud, notre groupe sanguin ainsi que notre décision vis-à-vis du don d'organe est inscrit sur notre permis de conduire. Lorsqu'une mort accidentelle survient, il est aisé, pour les services médicaux, de vérifier si on est donneur ou pas.
  • PELTIER, le 22/06/2005 à 18h34 : Je suis pour le don d'organes. Dans ma famille, tout le monde est au courant, et d'ailleurs j'ai ma carte depuis de nombreuses années. Atteinte d'un kératocône à chaque oeil, j'ai subi une greffe de cornée oeil gauche, puis oeil droit. Heureusement que des personnes avaient fait don de leur cornée, car aujourd'hui, je serai certainement aveugle et ne pourrai plus travailler. Par ailleurs, ma fille est décédée en 1979 à l'âge de 6 ans suite à une malformation cardiaque (ventricule unique). Au jour d'aujourd'hui, c'est une greffe cardiaque qui aurait pu la sauver. Je suis 100 % pour les dons d'organes. Il conviendrait que toute personne souhaitant donner ses organes possèdent une carte de donneur pour éviter tout problème. Et pour la cornée, une autorisation spéciale, car certaines personnes pour la greffe, ont peur que l'on touche à leurs yeux, alors qu'on retire la cornée (fine pellicule qui recouvre l'oeil). Meilleurs sentiments
  • Ronfladonf, le 22/06/2005 à 15h20 : En voila un sujet qu'il est bon d'aborder! Le seul problème c'est qu'il est probable qu'en parler pourrait provoquer des abus de toutes sortes. (Je ne veux pas donner de mavaises idées!!!!) Le mieux est donc de rester prudent avec ce genre de sujet sensible quand même - Même si je suis d'accord sur le fond avec ce principe!

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