Comment faire la différence ?Pas facile de distinguer la déprime de la
dépression. Surtout que, dans le langage courant, le mot déprime s'est banalisé, exprimant une baisse de moral aussi bien mineure que majeure. Face à cette confusion des mots et des maux, le temps joue en notre faveur pour nous aider à différencier la déprime de la
dépression.
La déprime (passagère) se caractérise par un passage à vide ou l'envie de ne rien faire. Le repli sur soi, le sentiment de tristesse et de solitude prédominent. Mais cela ne dure pas : l'élan vital et l'énergie reprennent le dessus. Dans le cas de la
dépression, les troubles de l'humeur persistent. La durée devient alors un facteur aggravant et évocateur d'une grande souffrance.
Etablir le diagnosticLa déprime, un état d'âme dont tout le monde souffre un jour ou l'autre. Réponse à l'échec, à la déception, elle se manifeste par une baisse d'énergie, une difficulté à apprécier les activités sociales, une prise de poids, un sentiment de fatigue, une difficulté à trouver le sommeil. Tous ces évènements sont passagers.
La
dépression associe un ensemble de symptômes caractéristiques sur le plan moral : perte de plaisir et d'intérêt, difficultés de concentration, perte de mémoire, sentiment de dévalorisation, Sur le plan physique aussi : fatigue, perte d'énergie, trouble du sommeil (insomnie ou hypersomnie), perte ou gain de poids accompagné de trouble de l'appétit, ralentissement psychomoteur, diminution du désir sexuel.
Mais d'une manière générale, 3 conditions doivent être réunies pour dire qu'on fait une
dépression. Tout d'abord, ressentir une tristesse généralisée. Ensuite, ne plus prendre plaisir à rien, même à nos activités favorites. Enfin, manquer totalement d'énergie. Ces symptômes doivent persister plusieurs semaines.
Eléments déclencheurs Les coups de blues trouvent souvent leur source dans les chagrins amoureux et autres échecs (déception amoureuse, deuil...). L'hiver aussi jette un froid sur le moral, on parle dans ce cas de « déprime hivernale ». Les journées qui raccourcissent, l'absence de lumière, les températures qui rafraîchissent ont raison de notre moral et provoquent une perturbation de notre horloge interne et une désynchronisation de notre rythme biologique. Une humeur maussade qui nous donne des bleus à l'âme, nous plonge dans un mal être, un mal aise passager.
Mal de la société, la
dépression fait des ravages et touche de plus en plus de personnes. En France, près de 3 millions de personnes sont concernées. Si la
dépression affecte principalement les femmes et augmente avec l'âge des patients, elle n'épargne pas pour autant les jeunes adultes. Un homme sur 10 contre une femme sur 5 a été, est ou sera dépressif au cours de s vie. Cause principale : le stress, véritable plaie de la société actuelle. D'autres facteurs sont mis en cause : inactivité professionnelle, niveau d'études, revenus, situation familiale et personnelle (deuil, séparation...).
Traitements appropriés ? Une fois le diagnostic posé, place aux soins appropriés. Aucun médicament n'est prescrit pour traiter la déprime. En revanche, les médecins vont préconiser des moyens naturels pour combattre l'insomnie qui accompagne souvent la déprime (exercice, lecture, repas léger avant le coucher).
Le meilleur traitement contre la
dépression reste la prévention. De part son caractère contagieux, on a pu observer que les enfants de parents dépressifs ont plus de risque de développer la pathologie. La
maladie peut faire des ravages aussi bien chez les malades que dans leur entourage. La vigilance est de mise pour pouvoir détecter les signes avant-coureurs. Fort heureusement, la
dépression se soigne, et de mieux en mieux, surtout si on la dépiste rapidement.
La première démarche consiste à consulter son généraliste, susceptible d'orienter ensuite vers un psychiatre. L'administration d'antidépresseurs associés à des anxiolytiques (médicaments qui calment l'anxiété), permet de rétablir une humeur "normale". Finalement, pour lutter contre la
dépression, il faut savoir prendre son mal en patience.