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Comment détecter une anorexie précoce ?

Article par M.L Vanlerberghe , le 23/01/2007 à 11h23 , modifié le 11/02/2008 à 16h17 0 commentaire

Votre fille de 11 ans ne veut plus manger de frites, laisse le gras du jambon sur le côté et monte fébrilement sur la balance ? Ce comportement mérite votre attention, car il peut révéler une anorexie précoce. Endocrinologue et praticien hospitalier à la Maison de Solenn (Hôpital Cochin), Corinne Blanchet nous en dit plus sur cette pathologie qui touche majoritairement les filles.

A partir de quel âge observe-t-on des troubles dans le comportement alimentaire ?
Classiquement, cette pathologie émerge vers l'adolescence avec deux pics, l'un vers 13 ans, l'autre vers 16 ans. Mais on observe aussi des troubles dès l'âge de 10-11 ans. On parle alors d'anorexie prépubertaire.

Est-ce un phénomène nouveau ?
Oui, mais c'est une impression clinique. Indéniablement, j'observe un phénomène nouveau de souci physique survenant chez les pré-adolescents. Ces préoccupations excessives sur un terrain fragile peuvent devenir symptomatiques.

Quels sont les signes qui doivent alerter ?
- Des comportements suspects avec les aliments. L'exclusion systématique de certains d'entre eux sous des prétextes fallacieux (peur de la vache folle, appareil dentaire...), le tri dans l'assiette.
- Une préoccupation tournant autour du corps excessive. Quand, par exemple, une fillette se pèse très souvent, après chaque repas.
- Des comportements rigides, avec un contrôle sur la prise alimentaire. Certains enfants surveillent ce que leur mère prépare en cuisine, commencent à conseiller leurs parents sur ce qu'ils devraient acheter, deviennent tyranniques...
- L'hyperactivité physique. L'enfant se met au sport de manière intensive, ou fait des abdos dans sa chambre. Certains restent debout ou dorment la fenêtre ouverte pour dépenser plus de calories...

Que faire si l'on observe des signes ?
Il faut vite consulter un spécialiste des troubles alimentaires.

Les causes d'anorexie prépubertaire sont-elles identiques à celles des anorexies adolescentes ? 
Oui, les causes sont les mêmes à priori, mais on les connaît mal. On devine qu'elles sont multifactorielles, en partie environnementales, familiales (conflits), mais aussi médicales. Certains terrains sont plus fragiles.

Ce type d'anorexie met-il en péril la santé de l'adolescent ?
Oui. Une anorexie prépubertaire met fin à la croissance, avec toutes les conséquences que cela implique : ostéoporose, impubérisme, stérilité. Au plan neuropsychique, cela atteint l'image de soi et empêche l'évolution vers une sexualité et une vie adulte.
En réalité, tout le corps en pâtit : les systèmes digestif et cardiaque se détériorent, la peau devient de mauvaise qualité, les cheveux tombent, le cerveau se rétrécit. Les filles qui se font vomir ont aussi des problèmes d'œsophage, de dents et de gencives...

Peut-on prévenir l'anorexie prépubertaire ?
La meilleure prévention consiste à instaurer des règles d'hygiène de vie : bien manger, bien boire, bien dormir, faire du sport de façon raisonnable et prendre du plaisir avec son corps. Plaisir de manger, plaisir de se sentir bien. L'anarchie alimentaire et la perte de la notion de plaisir autour de la table n'est pas structurant pour un adolescent.

Pensez-vous que l'image de la beauté véhiculée par les médias ait une responsabilité ?
Pas directement. Mais quand on est une fillette aujourd'hui, on échappe difficilement au monde de l'image. Sur des sujets fragiles, cela peut ouvrir une brèche.

 
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