L'objectif est d'inciter les personnes les plus concernées par les grossesses non désirées, c'est-à-dire les
femmes jeunes et les
femmes en situation précaire, à utiliser un moyen de
contraception "adapté à leur situation personnelle".
Dans son discours, Roselyne Bachelot a précisé : "c'est d'abord à elles que je pense, ces
femmes en souffrance, à ces
femmes isolées, à ces
femmes mal entourées, à ces
femmes subordonnées, à ces
femmes qui manquent d'instruction et qui plus que d'autres ignorent les différentes méthodes contraceptives qui pourraient leur être proposées".
La campagne débutera ce samedi, et sera relayée dans la presse écrite, à la télévision, à la radio (à partir du 24 septembre) et au cinéma (à partir du 26 septembre). Un numéro de téléphone gratuit a été mis en place pour répondre à toutes les questions concernant la
contraception et la sexualité.
Le
0800 235 236 est accessible tous les jours de 8 h à minuit. Un site Internet dédié à ce sujet, Choisirsacontraception.fr, ouvrira également ce samedi.
D'après les données du ministère de la
Santé, le nombre d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) s'est stabilisé depuis de nombreuses années à 200.000 par an, alors que les trois quarts des personnes âgées de 15 à 54 ans et sexuellement actives utilisent un moyen de
contraception. Selon une étude de l'Institut national de prévention et d'éducation à la
santé (Inpes) datant de juin dernier, les deux tiers des
femmes confrontées à une grossesse non désirée utiliseraient un moyen de
contraception. Le mauvais usage de celui-ci, et notamment l'oubli de la pilule, serait responsable de nombreuses grossesses. La moitié de ces grossesses aboutiraient à une IVG. Une situation qui explique le recours grandissant à la
contraception d'urgence (pilule du lendemain). En 2005, presque 14% des
femmes y avaient eu recours au cours de leur vie, contre 8,4% en 2000.
Cette campagne intervient tout juste 40 ans après la loi Neuwirth, qui avait permis de libéraliser la
contraception en France. La ministre de la
Santé a profité du lancement de cette campagne destinée aux
femmes pour annoncer qu'elle souhaite faire de l'anorexie des adolescentes un enjeu prioritaire de
santé publique, car il s'agit, selon elle, d'"un symptôme d'une sorte de malaise dans la civilisation". Dans peu de temps, le groupe de travail présidé par les professeurs Marcel Rufo et Jean-Pierre Poulain rendra les conclusions de son rapport sur "l'image du corps de la
femme dans la société et l'impact des représentations collectives sur la
santé".