Elisabeth : « Peur de souffrir, mais pas de mourir » « J'avais 43 ans quand j'ai découvert moi-même une boule dans mon sein. J'ai tout de suite eu la certitude, mais bizarrement pas l'inquiétude, d'avoir un
cancer. Je sortais d'une grosse dépression et j'avais peur de souffrir, mais pas de mourir. J'ai réalisé que le mot
cancer était encore souvent synonyme de mort. Avec le recul, je suis quasiment certaine que cette tumeur résultait de l'envie de me détruire que j'avais ressentie pendant ma dépression. J'ai fait les examens nécessaires et tout de suite le radiologue m'a dit que c'était sérieux. Puis mon médecin m'a tout expliqué très clairement. Le plus dur était les trois semaines d'attente avant l'opération. J'étais très fatiguée et je ne savais pas trop comment aborder le sujet avec mon entourage.
Dès l'opération terminée, le chirurgien est venue dans la chambre et m'a demandé si j'étais prête à entendre ce qu'il avait à me dire. Mon mari et mes filles étaient présents. J'étais presque soulagée d'entendre enfin le diagnostic. A ce moment-là, c'est mon mari qui a été le plus abattu. Heureusement, j'ai été très bien entourée et d'en parler ouvertement était très important pour moi. J'ai perdu certaines de mes amies, car elles ont été incapables de parler de la maladie.
J'ai donc suivi une chimiothérapie et de la radiothérapie. Perdre mes cheveux a été difficile à vivre, peut-être encore plus pour mon mari. J'avais des cheveux longs. Quant à la chimio, je crois que les effets secondaires que j'ai eus, étaient presque plus occasionnés par mon psychisme que par le traitement lui-même. J'étais quasiment déjà malade sur le parking de l'hôpital !
Aujourd'hui, six ans après je vais bien. Des petites choses me rappellent que j'ai eu un
cancer, comme la cicatrice, mais ça ne me perturbe pas. Je pense qu'une partie de moi est morte, mais la maladie m'a tellement enrichie, je me sens vraiment plus forte.
L'écriture a été salutaire pour moi. J'avais déjà écrit un roman après ma dépression, qui avait remporté un certain succès dans ma région. Tout au long de ma maladie écrire était un besoin. J'ai fait une sorte de journal de bord, de ce que je vivais au quotidien. Ce fut une aide précieuse. »
Elisabeth a écrit un livre où elle raconte son quotidien avec la maladie. « Entre parenthèses »
Vous pouvez le commander en lui envoyant un mail à : monnot.elisabeth@wanadoo.frPour obtenir des informations sur la 14e édition de la campagne « Le cancer parlons-en » qui se déroule durant tout le mois d'octobre, vous pouvez consulter le site en cliquant ici.
Muriel : « J'ai pleuré pendant plusieurs jours »« J'ai 54 ans, j'ai découvert une boule dans mon sein en janvier 2005. Bien qu'étant très informée sur le sujet, je n'ai pas pensé une seconde que je pourrais avoir un
cancer. J'ai donc fait une mammographie et l'annonce du
cancer m'a été faite tout de suite par le radiologue... entre deux portes. Tout s'est enchaîné rapidement, j'ai eu un rendez-vous avec le chirurgien pour une tumorectomie (ablation de la tumeur) et un curage ganglionnaire. Je suis rentrée assez rapidement à la maison et c'est là, d'un seul coup, à l'approche de la chimiothérapie, que j'ai réalisé ce qui m'arrivait et que j'ai pris un coup sur la tête. J'ai pleuré pendant plusieurs jours. J'étais pourtant très entourée par ma famille et mes amis, mais hélas rien n'y faisait. Le médecin m'a mis sous anti-dépresseurs et somnifères. Les cures de chimiothérapie ont été suivies de beaucoup d'effets secondaires, j'étais très fatiguée. Puis j'ai fait de la radiothérapie et pris un nouveau traitement. Je n'en pouvais plus de me rendre à l'hôpital.
Pendant cinq ans je dois prendre un traitement hormonal qui m'occasionne des douleurs articulaires. Si la vie reprend son cours peu à peu, il n'empêche que la maladie est en permanence présente dans mon esprit. Je fais du yoga et du qi gong pour essayer d'être mieux dans ma peau, mais c'est difficile. Certaines de mes amies ne sont jamais manifestées depuis le début de mon
cancer, c'est dur à accepter. J'ai découvert que le mot
cancer était encore radical pour faire le tri dans ses amis.»