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Arrêtons d'être obsédée par notre alimentation !

Article par Laurence BOURDOULEIX , le 30/03/2006 à 11h09 , modifié le 07/02/2008 à 14h52 1 commentaire

Depuis quelques années, en matière de nutrition, on entend tout et son contraire, à tel point qu'il est difficile de savoir à quel saint se vouer ou plutôt à quel nutritionniste se vouer ! Que faut-il manger ? Quelle attitude adopter face à l'alimentation ? Le docteur Zermati, nutritionniste, nous en dit plus.

Une année, c'est l'excès de sucre qui est incriminé dans la prise de poids, la suivante ce sont les graisses ! Ne sentez-vous pas un agacement de la part des personnes qui souhaitent perdre quelques kilos ? Comment s'y retrouver ?
Non, paradoxalement nos patients restent malgré tout très calmes face à cette cacophonie. Il est vrai qu'aujourd'hui on a le sentiment de ne plus savoir comment se nourrir, on réfléchit trop, cela devient très complexe. Manger sous contrôle mental permanent n'est malheureusement pas le garant de la minceur ! Il serait fondamental que chacun retrouve un comportement normal vis-à-vis de la nourriture.

Dans votre livre "Dictature des régimes, attention" vous remettez même en question les fameuses recommandations du PNNS (programme national pour la nutrition et la santé) qui conseille notamment de manger cinq fruits et légumes par jour, des féculents à tous les repas... Pourquoi ?
Je ne pense pas qu'il y ait un modèle d'alimentation idéal pour tous, qui plus est, établi à partir de statistiques. C'est-à-dire que l'on a fait une estimation des besoins de la population, or chaque individu est unique et a des besoins propres. Certes, ce type de recommandations peut se montrer utile pour établir des repas destinés aux collectivités ou aux cantines. Dans ce domaine tout change très vite et rien ne peut-être gravé dans le marbre. Certaines personnes en arrivent même à culpabiliser de ne pas suivre ces consignes, elles pensent se mettre en faute, créant aussi une forte anxiété.

Pour vous, tout contrôle mental ne garantit donc pas un poids stable ou une perte de poids ?
Manger de manière trop cérébrale perturbe le système de régulation, or c'est ce dernier qui, grâce à nos sensations alimentaires, nous donne des indications précises sur nos besoins nutritionnels. On a voulu procéder sur le système américain, manger en se fiant à des études scientifiques, mais ce n'est pas dans notre culture. En France, nos choix sont justement imposés par nos traditions et d'après de nombreux spécialistes c'est certainement ce qui nous avait protégé des problèmes de poids jusqu'à il y a encore quelques années.


Peut-on dire qu'aucun aliment n'est mauvais pour la santé, pour le poids ?
Il faut distinguer les problèmes de santé et les problèmes de poids. Pour le poids, tous les aliments sont bons, il faut apprendre à les apprivoiser. Même certains professionnels s'y perdent et en arrivent à inventer des systèmes de simplification avec des codes de couleurs, des codes barres pour repérer les bons aliments des mauvais. Encore une fois cela renforce l'idée du bien et du mal et je ne pense pas que ce soit ça qu'attendent les individus. On sait très bien que la majorité des régimes faits sous contrôle médical produisent le même résultat : 95 % sont des échecs. Le contrôle mental permanent de son alimentation est impossible à tenir sur la longueur. C'est épuisant. L'énorme impact psychologique entraîne souvent des troubles alimentaires plus importants. Cela peut même détruire une personne psychologiquement.

Iriez-vous jusqu'à dire que nous ne sommes plus libres de manger comme on veut ?
Oui, le mangeur est aujourd'hui dépossédé de sa liberté de choisir ses aliments. L'aliment plaisir est chassé par l'aliment santé. Il s'installe une espèce de peur, voire de phobie de la maladie si on mange mal. Il est temps de réagir !

Quelles solutions proposez-vous concrètement ?
Dans un premier temps il faudrait déjà se réconcilier avec les aliments, retrouver un comportement alimentaire normal, se dire " ai-je vraiment faim ? Qu'est-ce qui me fait envie ? Ai-je assez mangé ? ". Retrouver la sensation de satiété, ne pas dépasser sa faim est nécessaire. En effet, harmoniser ses apports alimentaires et ses dépenses énergétiques me semblent une priorité. Actuellement on mange plus qu'on en a besoin.
C'est à chacun d'essayer de retrouver des sensations alimentaires et de voir ce que cela donne, si son poids reste stable ou s'il perd quelques kilos. Chacun a un poids d'équilibre qu'il doit trouver.
Dans la mesure du possible prenez le temps de manger, en famille et les mêmes plats. C'est plus facile de se réguler quand il y a un encadrement social, les conditions sont meilleures pour retrouver nos fameuses sensations.
Un autre point important est de ne pas régler ses problèmes émotionnels avec la nourriture.

Tout cela n'est-il pas plus facile à dire qu'à faire ?
Si, certainement d'autant qu'aujourd'hui il y a pléthore de mets et le temps de pause pour les repas est de plus en plus réduit dans les entreprises, il tend carrément à disparaître dans les facultés. Ce n'est pas pour nous aider. Bien évidemment si tout cela vous semble impossible à gérer seul, il ne faut pas hésiter à aller chercher de l'aide auprès d'un professionnel.

"Dictature des régimes, attention !" des docteurs Zermati et Apfeldorfer
Editions Odile Jacob

 
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  • Www.provence-coaching.com, le 24/08/2007 à 22h59 : Notre alimentation doit nous correspondre. Il n'existe aucune règle présice pour mincir. Ecoutez votre corps, ne soyez effectivement pas obsédé par ce que vous mangez, cela ne vous appotera que stress et anxiété.

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