Au début du siècle, l'avortement est considéré comme un crime contre l'État et les personnes qui y avaient recours encouraient même la peine de mort. Les avorteuses appelées « les faiseuses d'anges », qui aidaient les femmes à interrompre leur grossesse encouraient la même peine. Leurs techniques moyenâgeuses faisaient courir de gros risques pour la santé des femmes qui faisaient appel à leurs services...
En 1955, la législation s'assouplit légèrement et l'avortement thérapeutique est autorisé par la loi.
Avec la libération sexuelle, mai 68, l'émancipation sexuelle des femmes, les événements s'accélèrent et s'enchaînent.
Le 5 avril 1971, le nouvel Obs publie le manifeste des 343 « salopes », comme ces femmes se sont nommées elles-mêmes, qui déclarent avoir eu recours à l'avortement : Simone de Beauvoir, Françoise Sagan, Marie-France Pisier, Catherine Deneuve font partie des signataires... Le manifeste rassemble alors des personnalités publiques, de la littérature et du spectacle et aucune poursuite judiciaire ne sera engagée contre elles.
En juillet 1971, la célèbre avocate Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir créent l'association
Choisir pour défendre les personnes accusées d'avortement. Et la même année, plus de 4 000 femmes manifestent dans la rue pour défendre ce droit.
En 1972 Gisèle Halimi fait acquitter une jeune femme de 17 ans accusée d'avortement.
En 1973, 331 médecins font savoir publiquement qu'ils ont pratiqué des avortements pour faire évoluer la loi en ce sens.
Simone Veil, alors ministre de la Santé, initie la loi qui libéralise la
contraception le 28 juin 1974. La pilule est remboursée par la sécu et elle peut être prescrite aux mineures de façon anonyme.
La même année, des discussions très vives ont lieu à l'Assemblée Nationale autour du projet de loi Veil qui vise la dépénalisation de l'Avortement. Après de longs débats, le projet est présenté devant le conseil des ministres le 13 novembre, puis adopté le 20 décembre par 277 voix contre 177 à l'Assemblée Nationale. Enfin, le Sénat l'adopte à 186 voix contre 88.
Le 17 janvier 1975, la loi Veil qui dépénalise l'Interruption Volontaire de Grossesse est promulguée pour une durée de 5 ans. (En 1979, elle est reconduite définitivement).
La période légale au cours de laquelle une femme peut avorter est fixée alors aux dix premières semaines, soit douze semaines d'aménorrhées.
Néanmoins, la loi offre la possibilité aux médecins ou aux hôpitaux de refuser une demande d'IVG pour éviter que cette pratique ne devienne une solution de contrôle des naissances. Elle ne doit être pratiquée qu'en cas de nécessité.
En 1982, l'IVG est totalement remboursée par la Sécurité sociale, grâce à la loi Roudy.
En 1993, la loi Neiertz crée le délit d'entrave à
l'IVG. Une peine d'emprisonnement est encourue par les personnes qui essaient d'empêcher une procédure d'IVG.
La loi du 4 juillet 2001 fixe à 12 semaines de grossesse la période légale d'avortement.
Par contre, il n'existe aucun délai pour
l'avortement thérapeutique qui peut être pratiqué jusqu'au dernier mois de la gestation. Il intervient quand des contre-indications médicales graves peuvent mettre en danger la santé de l'enfant ou de la mère (anomalie du fœtus, trisomie...) Dans ce cas, un conseil de médecins décide de l'interruption de la grossesse.
Le 4 juillet 2001, la loi Aubry, supprime l'autorisation parentale pour les mineures et rend facultatif l'entretien pré IVG pour les femmes majeures. La prescription de la fameuse pilule RU 489 est autorisée pour les médecins de ville.
En juillet 2004, l'IVG médicamenteuse est autorisée pour les gynécologues et certains généralistes pour les grossesses inférieures à 5 semaines. Les avortements à domicile deviennent codifiés par décret.