Créatrice culinaire, qu'est ce que ça signifie ?Ce terme englobe mes différentes activités. J'écris des recettes, les réalise, les mets en scène et les photographie. J'écris aussi des livres de recettes et anime desateliers de cuisine. Par exemple, je donne des
cours de cuisine dans les magasins IKEA. On utilise à la fois leurs ustensiles et les produits de leur épicerie pour donner de nouvelles idées, préparer des plats d'inspiration suédoise mais à la française.
Et c'est pour quel type de public ? Bobos gourmets, curieux gourmands... ?Des curieux de tous genres. Souvent des couples, il y a une envie de partage, ils ressentent le côté presque intime de la cuisine. Et puis, c'est une activité extrêmement sensuelle. Peut-être qu'on ne s'en rend compte qu'après un temps, mais manipuler la farine, c'est tout doux ; une pâte levée est bonne parce qu'elle répond au doigt. Dans ces ateliers, en face à face je fais découvrir des associations de goûts, je propose des astuces faciles et ludiques. Ce qui m'intéresse c'est d'écouter les gens, de m'adapter.
Que ce soit pour des scones façon Ambert Burger ou une courge de spaghetti sur blinis de lentilles, vous êtes passionnée par l'agencement de la nourriture, la mise en scène même !Pour moi on mange d'abord avec les yeux. Si, pour être rapide, on empile tout simplement les mets sur un plat, ça me fait mal ! La cuisine est un art qui touche les 5 sens : il faut faire saliver avec les yeux.
Et pourquoi le style des chefs gagne un peu toutes les strates de la société ? Il y a un véritable engouement populaire pour les cours de cuisine et le travail culinaire !Oui bien sûr, les livres de cuisine et même les kits de gadgets culinaires sont exposés à la FNAC et cartonnent. Les gens ont envie de pouvoir dire "C'est moi qui l'ai fait". Pas pour frimer, mais pour les autres. Faire la cuisine est à la fois égoïste et généreux : dans une société de plus en plus individualiste, on se fait plaisir à préparer et à imaginer que ça va plaire. C'est le bonheur de partager.
Faire de la cuisine inventive ne demande t-il pas un budget imposant ?Pas forcément. Vous savez, avec la crise, on a vu des grands chefs retravailler les abats. De la même façon, on peut utiliser les ingrédients les plus simples pour les associer. Certes, aujourd'hui je suis contente d'avoir du matériel adapté, cela m'aide beaucoup. Mais cela fait partie de l'inventivité que de faire du mieux qu'on peut avec peu de choses. D'autant qu'il n'y pas besoin de chercher midi à quatorze heure pour éveiller les papilles.
Un plat préféré ?Non. Parce qu'il y a trop de choses à voir ! Mais j'aime beaucoup la farine et les légumes. Je ne l'ai pas précisé parce que pour moi c'est naturel mais le but est que le plat soit équilibré. Pour moi, c'est cinq fruits et légumes par repas.
Pour retrouver les recettes de Gwen :
C'est bô, c'est bon, c'est tout en bonbons (Editions Tana, 2009)
Et bientôt : Les Gratins et les bonbons (Ed. Sud Ouest, avril 2011)
Toquades (Ed. First, mai 2011)