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Barmaid : rencontre avec une Tom Cruise au féminin

Article par Caroline RABOURDIN , le 13/03/2012 à 15h28 , modifié le 13/03/2012 à 15h37 0 commentaire

Sandrine Houdré Grégoire est l'une des rares femmes à avoir fait sa place dans l'univers du cocktail. Après avoir travaillé dans des endroits prestigieux, elle s'est lancée à son compte et inspire aujourd'hui de nombreux professionnels. Passez derrière le bar et découvrez son univers.

Plurielles.fr : Qu'est-ce qui vous a donné envie de devenir mixologiste* ?
sandrine Houdré Grégoire : Je suis tombée dedans quand j'étais petite. Je suis de la campagne et j'ai toujours vu mon grand-père sortir une bouteille d'eau de vie. Tous ces flacons, ces fioles m'attiraient. Il y avait donc une curiosité au départ. Puis, j'ai voulu devenir assistante sociale. Et lors de mon premier job d'été, j'ai été serveuse. Quand j'ai vu la femme au bar, ça m'a captivée. Ca cumulait le savoir de toutes ces bouteilles, et le social avec le contact avec les clients.

Pour être barman, faut-il un diplôme ?
Oui, mais je devais choisir entre la cuisine et la salle. La cuisine me plaisait beaucoup car il y a la créativité, la recherche de nouvelles saveurs, la stabilisation... Dans un cocktail, il y a parfois un produit qui ne plaît pas à la dégustation, mais qui peut être très bon avec d'autres. Ce sont les accords. Mais cela me frustrait car les restaurateurs sont souvent isolés derrière leur piano. J'ai donc choisi la salle. Et très vite, j'ai fait du bar. Ca mêlait le client, le service et l'humain. Surtout, cela conjuguait le fait de proposer à la personne, la bonne boisson, au bon moment. J'adore ces établissements où il n'y a pas de carte. On vous demande : comment vous sentez-vous ? Le palais change en fonction du moment, de la personne. En regardant quelqu'un, on détermine quels sont ses besoins et comment y répondre. C'est ça, la mixologie.

Comment avez-vous appris ce métier ?
J'ai l'appris en voyageant. Faire des cocktails, ce n'est pas jongler avec des bouteilles. Quand je vois toutes les bouteilles sur un bar, je sais ce qu'elles contiennent. Mais je sais aussi comment sont conçus les produits. J'ai été en Bavière pour voir la fabrication de la bière... Il ne suffit pas d'avoir un shaker. Derrière cette profession, il y a beaucoup de travail, de découvertes et de connaissances.

Etre barman est un métier noble...
Je vais souvent dans les lycées hôteliers pour des formations. Et je suis très déçue de constater que parce qu'on n'est pas bon à l'école, on va en hôtellerie-restauration. Ce n'est pas un métier poubelle, mais un métier passion et il faut le reconnaître. D'ailleurs, depuis 2010, notre profession a enfin été mise à l'honneur. Nous avons aujourd'hui deux Meilleurs Ouvriers de France Bar. Faire des cocktails est un vrai métier, à part entière.

Vous avez travaillé à Gstaad, Courchevel, Monaco, Saint-Tropez...
J'ai toujours été dans un milieu élitiste. Mais je ne me voyais pas au George V avec les cheveux tirés. J'avais besoin de m'exprimer. Et puis, au bout d'un certain temps, il faut savoir se renouveler. Aujourd'hui, j'ai la chance d'être une mère de famille. Après 18 années de bar, je suis devenue indépendante. Je suis créatrice de saveurs, donne des cours de mixologie, fais des lancements de produits, j'écris des livres...

Aujourd'hui, vous inspirez d'autres professions.
Oui, je collabore souvent avec des nez. J'ai créé des cocktails en rapport avec des fragrances. Et certains de mes cocktails ont inspiré des parfumeurs. J'aime aussi beaucoup travailler pour des crèmes cosmétiques.

Le fait d'être une femme dans un milieu masculin vous a-t-il aidée ?
Ca a été mon point faible et mon point fort. Au début de ma carrière, j'en ai beaucoup souffert. A cause de mes homologues mais aussi des clients. Pour certains, la femme est bonne à faire la vaisselle et être serveuse. Mais je suis téméraire et je ne lâche rien. A force de travail, mes confrères ont compris que je ne partirais pas. Puis, j'ai gagné beaucoup de concours et j'ai eu la reconnaissance du public, puis de mes pairs. Maintenant, je fais partie du paysage. Aujourd'hui, le fait d'être une femme est un atout. Mais cela reste difficile de perdurer.

Comment vous êtes-vous lancée dans le créneau des cocktails de légumes ?
C'est venu avec ma première grossesse. A ce moment, je croyais que c'était fini pour moi. Mais mon goût et mes sensations se sont décuplés. J'étais très créative. J'ai commencé par un cocktail de concombre et potiron. J'ai fait des mélanges et ça a plu. Il faut apprendre à manger plus sain. J'utilise rarement des sirops et leur préfère la stévia ou l'eau de coco... Un cocktail doit rester un moment de plaisir.


*Celui qui est maître dans l'art de mélanger les boissons pour en faire des cocktails.

 
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