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Timidité : plaie ou orgueil ?

Article par Karin DANJAUME , le 01/12/2005 à 10h57 , modifié le 13/11/2006 à 09h30 1 commentaire

Elle nous vient de l'enfance, elle est parfois jugée charmante mais peut, à la longue, s'avérer extrêmement embarrassante voire handicapante. Que faire pour que la timidité ne devienne pas un obstacle à la vie quotidienne ?

On a tous entendu dire d'un enfant : "Ne t'inquiète pas, il ne te dit pas bonjour car il est un peu timide". En grandissant, la timidité se manifeste de diverses façons : de la simple gêne passagère à une forme de phobie sociale. Cela peut se traduire par la peur de prendre la parole en public ou ne pas oser dire à notre voisin de métro qu'il nous écrase les pieds. Dans des proportions plus importantes, elle peut écraser une personnalité à tel point que celle-ci passera totalement inaperçue. Ce qui peut amener à gâcher une partie de sa vie personnelle ou professionnelle : ne pas concrétiser une rencontre sympathique, ne pas savoir "se vendre" lors d'un entretien d'embauche, ne pas savoir dire non lorsque cela s'avère nécessaire... La timidité peut se révéler cauchemardesque pour celui qui la vit et qui subit alors des situations absurdes voire angoissantes.



Peur des situations de gêne et de ridicule

La timidité puise sa source dans l'enfance ou l'adolescence. Rien de dramatique pourtant dans l'enfance car elle représente une étape naturelle. Lorsqu'elle prend des proportions plus importantes à l'adolescence et à l'âge adulte, l'élément déclencheur est à rechercher également dans l'enfance. Fanny Nusbaum, psychologue clinicienne, hypnothérapeute et formatrice, explique : "Si à un moment de sa vie psychique, dans laquelle l'enfant n'est pas encore arrivé à maturation, celui-ci est mis dans une situation de honte, de gêne, d'humiliation ou de ridicule, cela pourra le conduire, par la suite, à anticiper ces situations par un isolement afin de se protéger". Difficile de prévenir ce type d'événements pourtant les répercutions peuvent être importantes.

Le sujet se met alors à éviter toute confrontation qui pourrait s'avérer gênante pour lui. Le pire c'est qu'il anticipe souvent cette gêne sans que cela corresponde forcément à une situation réelle. Il se met en position de peur et de repli. Il se programme de façon négative : "Je ne vais pas aller à ce dîner parce que si jamais je ne connais personne ça va être l'horreur". Ou au cours d'une réunion "pourvu qu'on ne me demande pas mon avis car je ne sais pas quoi dire". Le timide prend la fuite avant même d'avoir été confronté à la réalité.



Timidité, pêché d'orgueil ?

Pour autant, la timidité n'est pas toujours liée à un manque de confiance en soi. Elle témoigne parfois d'un narcissisme poussé comme le constate Fanny Nusbaum : "Une personne timide a toujours l'impression que tout tourne autour d'elle. Elle pense que dès qu'elle met le nez dehors, tout le monde va la regarder. On peut y voir une forme d'égocentrisme : le timide imagine que l'attention des autres va se centrer sur lui."

Alors timidité énorme pêché d'orgueil ? La voir sous cette angle peut changer la perspective : elle n'est plus liée à un traumatisme. Pourquoi une personne va-t-elle imaginer que tout le monde se focalise sur son look, et du coup, ne pas oser se faire plaisir ? Elle est en quelque sorte prisonnière du regard d'autrui qu'elle estime systématiquement moqueur ou réprobateur.



S'ouvrir aux autres

A l'inverse, certains timides adoptent des comportements excessifs afin de braver cette peur. Plutôt que de se faire tout petits, ils deviennent des provocateurs, des "grandes gueules". Ils prennent les devants pour combattre les situations embarrassantes, histoire de ne pas être pris au dépourvu. Une sorte de tactique qui consiste à attaquer le premier. Beaucoup d'artistes et de personnalités publiques avouent être en réalité de grands timides. Ils ont, en quelque sorte, transcendé leurs peurs.

Si tout le monde n'a pas l'âme exhibitionniste, on peut toutefois venir à bout d'une timidité maladive. Pas de recette miracle, cela se travaille. Tout seul ou avec un psy. Le plus important, explique Fanny Nusbam est "d'apprendre à se détourner de ce centrage perpétuel sur soi-même et à s'ouvrir un peu plus aux autres." Ne pas considérer pas systématiquement ses interlocuteurs comme des ennemis. Se fixer des objectifs réalistes pour commencer. Expliquer à la personne qui vient de vous doubler dans une file d'attente que vous étiez là avant elle, est déjà un bon début. Chaque petite victoire de ce type donne un peu plus confiance en soi et aide à dépasser ses peurs.

 
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  • Z.mourad, le 21/01/2009 à 16h28 : Ne pas oser demander de l'aide sous peur d'un refus qui pourrait etre vécu comme une humiliation,est ce aussi une forme de timidité?


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