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Qu'est-ce que le déni de grossesse ?

Article par Propos recueillis par K.D. , le 17/10/2006 à 15h03 , modifié le 06/06/2008 à 16h04 1 commentaire

Phénomène méconnu, le déni de grossesse touche pourtant tous les milieux sociaux. Retour sur ce phénomène méconnu.

Phénomène méconnu, le déni de grossesse touche pourtant tous les milieux sociaux. Eve Tan, psychanalyste et psychologue clinicienne, travaille en PMI auprès de femmes sujettes à ce phénomène. Elle nous en dit plus.

Qu'est-ce que le déni de grossesse ?
C'est le fait, pour certaines femmes de ne pas avoir conscience de leur grossesse. Elles nient cet événement jusqu'à 5-6 mois et certaines peuvent même mener une grossesse à terme. La plupart du temps, l'entourage ne s'en rend même pas compte.

Les signes physiques ne les alertent pas ?
Elles n'ont pas leurs règles mais ne s'inquiètent pas spécialement car elles se disent que cela va arriver. Ou alors, elles ont des petits saignements donc cela ne les alerte pas. Il n'y a pas de prise de poids ou cela arrive à des femmes en surcharge pondérale donc cela ne se voit pas. Réellement, elles ne savent pas qu'elles sont enceintes.

Quel type de femmes est concerné ?
Cela touche tous les milieux et souvent les très jeunes filles. Mais aussi des femmes qui ont un désir d'enfant mais pas un désir de grossesse. Chez certaines, on peut observer ce phénomène au moment de la pré-ménopause quand la grossesse est censée ne plus être possible.

Quelles sont les raisons de ce déni ?
Cela dépend de l'histoire personnelle de chacune, on ne peut pas généraliser. La grossesse survient à un moment où elles ne sont pas encore prêtes ou alors lorsqu'elles ne sont plus prêtes. Quoiqu'il en soit, pour toutes, cela advient à un moment où cela n'est pas dans l'ordre du possible dans un contexte réel.


Ces femmes mènent-elles leurs grossesses à terme ?
Oui elles accouchent souvent en se rendant aux urgences car elles ont très mal au ventre. Les naissances surviennent en avance car évidemment ces grossesses ne sont pas suivies ni déclarées. Cela signifie que ces femmes ont pris des médicaments contre-indiqués, qu'elles ont pu faire des sports violent etc. Cela donne alors de grands prématurés voire des enfants avec des malformations.

Que deviennent ces enfants ensuite ?
Il n'y a pas plus d'abandon que dans les grossesses dites "normales". Ces femmes se sentent tellement coupables de ne pas avoir vécu leur grossesse qu'elles veulent réparer ce déni. Dans ce cas, elles sont prises en charge par la PMI (Protection Maternelle et Infantile) et on travaille avec elles le lien mère-enfant.
Des cas d'infanticides peuvent survenir chez les très jeunes filles qui accouchent sans assistance médicale. Souvent, elles en arrivent là pour des raisons sociales.

Mais peut-on faire le lien entre déni de grossesse et infanticide ?
Je n'associerais pas les deux. Prenez les cas de maltraitance, il n'y a pas nécessairement déni de grossesse pour en arriver là.
Concernant l'histoire des bébés congelés, je ne pense pas que ce soit un cas de déni. Cette femme a parlé d'un sentiment de toute-puissance que lui a conféré le pouvoir de vie ou de mort sur ses enfants. C'est vraiment une autre problématique.

 
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  • LAPORTE, le 05/05/2009 à 18h16 : Une jeune fille de 17 ans bien équilibrée mentalement et physiquement, prenant la pillule sérieusement , peut elle faire un déni de grossesse? merci pour votre réponse


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