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Que faire en cas de harcèlement sexuel ?

Article par , le 26/03/2010 à 09h30 0 commentaire

Un supérieur hiérarchique vous harcèle dans le but d'obtenir vos faveurs ? Cet abus de pouvoir est désormais puni par la loi. Sortez du rôle de la victime et sachez comment vous pouvez vous défendre.

Votre vie au bureau est devenue un enfer : un de vos supérieurs abuse de son autorité, vous donne des ordres contradictoires ou impossibles à réaliser, vous fait du chantage ou même vous insulte peut-être, dans le but de vous obliger à céder à des propositions d'ordre sexuel ? Les avances que votre supérieur vous fait sont peut-être physiques, comme une main qui se promène inopinément ou une bousculade "involontaire" ? La pression est devenue insoutenable et il est temps pour vous de passer à l'action.

Soyez claire dans votre refus de succomber à la séduction de votre patron. Beaucoup de femmes, intimidées ou par peur des représailles, n'osent pas opposer un refus net et entrent dans un jeu de chat et de souris. Il n'est jamais agréable d'être éconduit pour un patron comme pour quiconque, mais l'épisode a une chance de se régler sans remous. Parfois, le harceleur n'a pas conscience de la lourdeur de la pression qu'il inflige. Si, en revanche, votre refus clair mène à des insultes ou à des menaces, passez au plan B.

La culpabilité est souvent, paradoxalement, un sentiment que développe une victime de harcèlement sexuel. Prise dans l'angoisse de ne pas savoir que faire pour vous défendre, vous "avalez" au jour le jour les couleuvres et préférez parfois mettre un couvercle hermétique dessus. Si, après une tentative de discussion avec le harceleur, les choses ne s'arrangent pas, elles empireront. Un bourreau ne lâche jamais si facilement sa victime. Les effets du stress peuvent être dévastateurs tant votre vie professionnelle que privée : surmenage, fautes, tabagisme, prise d'anti dépresseurs,...

Engrangez preuves et témoignages. Collègues, représentants du personnel, directeur des ressources humaines, inspection du travail : ils sont prêts à vous aider à vous défendre. Évitez de vous isoler. Gardez les e-mails compromettants ou tout type de document pouvant prouver vos dires. Tenez un journal des faits au jour le jour pour pouvoir exposer les faits avec clarté. Où cela s'est-il passé ? En présence de quelles personnes ? À quelle heure ? Comment avez-vous réagi ? Quelle a été la contre-réaction de votre harceleur ? Qu'avez-vous éprouvé ? Cela a-t-il eu un impact sur votre vie ou vos performances au travail ?

Consultez un avocat pour vérifier que vous êtes bien dans le cadre de ce que la loi détermine comme un harcèlement sexuel. Nous ne sommes pas aux États-Unis et un compliment sur la beauté de vos jambes ne compte pas comme du harcèlement, pas plus qu'une déclaration d'amour. Une tentative de séduction, même insistante et de mauvais goût, ne sera pas déterminée par les juges comme du harcèlement. Le Code Pénal définit le harcèlement sexuel depuis le 2 novembre 1992 ainsi : "le fait de harceler autrui en usant d'ordres, de menaces ou de contraintes, dans le but d'obtenir des faveurs de nature sexuelle par une personne abusant de l'autorité que lui confère ses fonctions".

Renseignez-vous sur le site du ministère du Travail. Approchez-vous d'associations de défense des victimes de harcèlement sexuel. Passez vous-même en mode "actif" pour ne pas succomber aux doutes et à la position très humiliante de victime. Lutter de façon calme et pragmatique aide à garder l'estime de soi.

Entourez-vous de toute personne pouvant vous apporter un support moral. Cela peut être bien sûr un psychologue, un psychanalyste ou un membre de votre famille. Plus vous êtes transparente avec vos proches, plus vous avez une chance d'être soutenue, donc forte et de faire reculer le harceleur. Celui-ci prend d'autant plus de pouvoir que vous lui laissez gagner du terrain. Tel est l'enjeu du harcèlement : en attaquant votre confiance en vous par tous les moyens possibles, votre bourreau pense pouvoir vous faire plier.
 

Notre conseil

Le conseil des prud'hommes est à saisir si le harcèlement sexuel concerne l'exécution ou la rupture de votre contrat de travail. Le tribunal de grande instance va, quant à lui, prononcer les sanctions pénales à l'encontre de votre employeur. Il peut aussi intervenir dans le cadre d'un harcèlement au cours d'un recrutement ou d'un harcèlement réalisé par un client de l'entreprise pour laquelle vous travaillez.
 
 
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