• Psycho
  • Ma famille

Mères-filles : accepter la rivalité

Article par Karin DANJAUME , le 06/12/2005 à 16h32 , modifié le 24/02/2011 à 11h32 0 commentaire

Les relations mères-filles peuvent être complexes, passionnées, parfois violentes mais jamais indifférentes. Qu'elles soient toxiques ou bénéfiques, elles ont une influence sur nos vies.

Pourquoi les relations mères-filles sont-elles toujours décrites sous un jour difficile ? Pourquoi ne sont-elles pas valorisées comme les liens qui peuvent unir les pères et leurs fils ? Pour les filles, impossible d'échapper à cette mère : on se construit toujours "par rapport" à elle, que ce soit en miroir ou en opposition. "C'est notre premier modèle" rapporte Patricia Delahaie*. "Petite, on l'imite. A l'adolescence, pour se trouver, on a besoin de la remettre en cause pour ensuite y revenir." Les relations peuvent devenir houleuses mais elles sont naturelles et nécessaires. Si la mère et la fille ne sont pas toujours d'accord, cela ne signifie pas pour autant qu'elles ne s'aiment pas.

Une rivalité inévitable
A l'effet miroir, on associe forcément la notion de rivalité. "Celle-ci est inévitable, poursuit Patricia Delahaie. L'idéal est que la mère l'accepte. Cette rivalité doit être constructive - comme celle qui existe entre un père et son fils - et pour l'assumer, la mère ne doit pas être trop fragile." Elle doit pouvoir supporter cette contestation en étant sûre d'elle et sans culpabiliser. Une mère immature, une mère victime ou une mère distante est une femme qui ne se supporte pas dans ce rôle. Or être mère, c'est donner de l'élan et aider son enfant à se construire. Si elle n'y parvient pas, les conséquences sont souvent néfastes pour sa fille, empêcher de vivre pleinement sa féminité et sa vie affective.

Pousser vers la vie
N'existe-t-il donc pas de relations satisfaisantes ? "Bien sûr que si ! Il existe des mères très porteuses qui poussent vers la vie" affirme Patricia Delahaie. Pour y parvenir, la mère doit être estimable et ne pas empêcher sa fille de vivre sa propre vie. Elle doit également savoir rester dans sa génération afin d'éviter à son enfant de perdre ses repères. "On ne peut pas être un modèle si on n'est pas bien dans son âge. Le jeunisme actuel est très troublant : qu'est-ce qui reste aux enfants si on leur prend cela ?" s'interroge la sociologue. La fille a besoin de connaître son histoire pour prendre son envol et, plus tard, devenir adulte. Cette issue lui permettra de "vivre pleinement sans se demander si elle fait mieux que sa mère, moins bien, pareil... Elle doit pouvoir suivre son propre chemin en toute sérénité."

Enfin n'oublions pas que tout ceci n'est pas qu'une histoire de femmes. Les pères ont également un rôle à jouer. Ils sont les seuls à pouvoir mettre fin à la toute-puissance maternelle. En s'affirmant comme époux des mères et comme pères des filles, ils doivent permettre à chacune de trouver sa

 
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.

VOS RÉACTIONS

Vous devez écrire un avis



de Plurielles
SUR LE
    Plus de discussions sur le Plurielles.fr »
    logAudience