Manger ou être mangéeAlix, 31 ans, concepteur-rédacteur
« Je travaille dans la pub et je ne vous le cache pas, c'est un métier de chiens, surtout quand on est une femme ! Les hommes se pensent supérieurs et s'adressent à vous avec condescendance, alors que les femmes vous regardent de travers parce que vous êtes plus fine, plus appréciée ou tout simplement meilleures qu'elles. Du coup, je n'hésite pas à asséner les coups en premier, quitte à me faire des ennemis. C'est une manière d'imposer le respect et de montrer que je ne suis pas une faible femme ! Un projet m'intéresse ? Je fais tout pour être dessus et m'assurer une place au chaud. Je vais jusqu'à la dénonciation s'il le faut. « Elle passe son temps au téléphone avec son mec ou à la machine à café à papoter avec les filles du service marketing», « Il arrive tous les matins à dix heures », « Il fait passer des frais personnels sur ceux de la boîte », etc. On m'en a assez fait baver les premières années à me refiler toutes les campagnes bancales ou les dossiers de second rang. Aujourd'hui je suis plus sûre de moi, et je ne suis pas plus douce avec les nouveaux venus qu'avec mes collègues de longue date. Comme moi, ils apprendront à la dure ! »
Coucher pour réussir
Caroline, 27 ans, graphiste
« Je ne me plaisais pas dans mon ancien job. J'ai donc commencé à chercher ailleurs et après un mois, j'ai été contactée par des entreprises pour passer plusieurs entretiens. Un poste m'intéressait tout particulièrement, mais la compétition s'annonçait rude.
Pendant l'entrevue, j'ai été reçue par le chef de service avec qui j'allais peut-être travailler. Plutôt jeune, pas spécialement beau mais propre sur lui. J'ai tout de suite remarqué qu'il me reluquait avec insistance et qu'il m'écoutait distraitement parler, les yeux baladeurs. A l'issue de cette conversation qui ressemblait plus à une « inspection », il m'a donné sa carte avant de me montrer la porte de sortie. Le soir même, je l'appelais. Un coup de folie ! Je tenais vraiment à avoir ce job, j'étais quasiment prête à tout ! Nous nous sommes revus à plusieurs reprises cette même semaine, et bien sûr nous avons fini au lit... Je n'ai pas eu à me forcer, même s'il ne correspondait pas à mon type d'homme, il ne me dégoutait pas, loin de là. Mais pour être bien claire, si j'ai couché avec lui, c'était bien pour obtenir le
travail de mes rêves !
Et ça n'a pas raté, deux semaines après je recevais la bonne nouvelle. Nous avons mis fin à notre « relation » le jour de mon entrée dans la boîte, il avait donc bien compris que ma démarche était intéressée. Depuis tout se passe bien, il a changé de service donc nous nous croisons très rarement et le
travail me plaît énormément. Je ne regrette rien. Vous me demandez si je le referais s'il le fallait ? Sans hésiter ! Et sans scrupules ! »
Evincer la concurrenceMyriam, 33 ans, chargée de clientèle
« Je travaille dans une grande banque et mon métier c'est ma vie. Je suis divorcée, sans enfant, le seul à m'attendre derrière la porte quand je rentre le soir, c'est mon chat. Du coup, sûrement pour masquer la solitude, je m'enferme dans mon bureau de huit heures du matin à dix-neuf heures le soir, sans compter les heures, les dossiers, les clients qui défilent.
Il y a deux ans, j'ai failli perdre ma place. Nous étions deux femmes au même poste, et il fallait que l'une de nous deux mette les voiles. Très vite, l'objectif s'est braqué sur moi parce que ma collègue avait un peu plus d'ancienneté. J'ai paniqué : tout mais pas ça !
A la fin du mois, nous avions une grosse présentation à faire lors d'une réunion, devant tous les boss. Je priais pour les impressionner et pour que ma concurrente se plante en beauté ! C'est sûr, si cela arrivait, je garderais ma place ! Et puis une idée m'est venue : faire en sorte qu'elle rate sa présentation. Comment ? En lui volant ses dossiers...
Elle ne s'est douté de rien, les a laissés en évidence en quittant le bureau le soir précédent la réunion déterminante. Quelques minutes après son départ, je les ai subtilisés sans me faire remarquer et hop, direction la décharge ! Je n'allais pas ramener les preuves chez moi ! Le lendemain, selon mes prévisions, elle a fait une crise de nerfs en découvrant son bureau vide, la présentation n'a pas été annulée et elle s'est littéralement plantée. Deux mois après, elle était dehors et j'héritais de son bureau, plus spacieux que le mien. Je ne suis pas fière mais je ne regrette pas, j'aime trop mon
travail ! »