Les tests de paternité, qu'ils soient réalisés légalement ou non, pointent du doigt l'évolution de notre société. Ces hommes qui ne doutaient pas de leur paternité se mettent à vérifier que leurs bambins sont bien d'eux. Assistons-nous alors à un changement de notre société ?
"Oui et non" répond Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste. L'auteur de "La part du père" aux éditions du Seuil explique : "
Il y a 30 ans, c'était l'homme qui faisait un enfant. Ce n'est plus le cas aujourd'hui avec la contraception : c'est la femme qui décide. Plus que de doutes, il s'agit surtout de fantasmes de la part des pères. Mais l'incertitude fait partie de la paternité. On pense que depuis 1976 (ndlr : premier diagnostic prénatal par analyse de l'ADN) la paternité est certaine. Non, elle est toujours aussi incertaine. A l'époque, le mariage était le verrou de la paternité. Aujourd'hui, 50 % des couples ne se marient pas. Alors, on pense que la biologie et la génétique vont changer la vie des gens. Comme si la génétique vous garantissait que vous alliez avoir un cancer. C'est faux. Il faut mettre les personnes en garde contre l'usage banalisé de la génétique."
Ce doute de la paternité est-il prédominent chez les nouveaux pères ?
"Oui, ça vient de l'époque", continue Geneviève Delaisi de Parseval. "
Beaucoup de personnes pensent que l'ADN est le seul juge de la parentalité. Dans l'imaginaire, on pense que le vrai père est celui qui a mis la petite graine. Or, on voit qu'avec les familles recomposées, c'est de moins en moins le cas."