Suicide chez les adolescents : un appel au secours

Article par Caroline RABOURDIN , le 09/07/2009 à 17h29 , modifié le 09/07/2009 à 17h59 0 commentaire

En France, 13 000 personnes ont décidé de mettre fin à leur jour en 2006. Le suicide est la 2e cause de décès chez les 15-44 ans. Comment le prévenir et comment réagir face à un ado en crise ?

Un chagrin d'amour, des violences subies, une homosexualité mal comprise et votre ado peut décider d'en finir avec la vie. A la suite d'un élément déclencheur, l'enfant se dit qu'après tout, pourquoi ne pas mourir puisque ce monde est si difficile. Cette pensée survient d'abord de temps en temps, puis jusqu'à l'obsession. Celle-ci se traduit par la mise en scène du passage à l'acte par pensée, avant la concrétisation. A ce moment-là, tout peut basculer et la moindre parole mal interprétée peut avoir des conséquences dramatiques. 
 
Quels sont les signes annonciateurs ?
 
Avant une tentative, l'enfant change de comportement. Il s'isole, se réfugie dans l'alcool ou la drogue, prend de nombreux risques sur la route notamment... Il semble "tourner au ralenti" : sa démarche ainsi que sa voix sont plus lentes comme plus difficiles. L'ado s'enferme dans sa chambre pour écouter des musiques tristes. Son sommeil est également perturbé, il fait des cauchemars. De plus, il mange peu et pleure beaucoup.
Mais il n'est pas toujours facile pour les parents ou les amis de voir le malaise s'installer ou du moins, de prendre conscience de la profondeur de celui-ci. En effet, certains adolescents font tout pour cacher leur problème. L'enfant fuit alors ses parents afin d'éviter que ces derniers ne se posent trop de questions.
Quoi qu'il en soit, des phrases comme "je ne sers à rien" ou "bientôt, vous serez débarrassés" doivent immédiatement attirer votre attention. De même, si votre adolescent a subitement envie de donner les objets qu'il aime tant à ses amis, cela doit vous alerter.
 
Comment l'aider ? 
 
Surtout, ne vous moquez pas de lui dans l'espoir qu'il se réveille, et ne le mettez pas au défi. Il passerait à l'acte sans tarder. Pour sauver un ado en proie au suicide, il faut l'amener à se confier, doucement, sans tenter de vous immiscer dans sa vie. Il est aussi impératif de s'abstenir de tout jugement comme "je t'avais bien dit que" ou encore "je savais bien que Ludivine n'était pas faite pour toi". Votre enfant rompra alors tout contact avec vous, se repliant encore davantage sur lui-même. Faites part de vos inquiétudes à ses proches, qui pourront eux aussi, tenter de le sortir de ses idées noires.
Dites à votre ado que vous avez bien vu que quelque chose n'allait pas. Questionnez-le avec bienveillance : "Je sens une grande détresse en toi, comment te sens-tu" ? "Tu sais, j'ai vécu des périodes très difficiles également. J'aimerais pouvoir t'aider". Si votre enfant vous fait part d'un sentiment de lassitude, de gâchis ou pense être inutile, continuez le dialogue autant que possible. La parole a un rôle de soupape de sécurité, comme l'art ou l'écriture. Si vous sentez que la conversation est bloquée, offrez-lui un carnet vierge sur lequel il pourra exprimer sa pensée ou donnez-lui une toile, des pinceaux et de la peinture pour qu'il "sorte" tout ce qu'il a en lui. De plus, ne lui parlez pas de psy, il risquerait de fuir encore plus, croyant que vous le prenez pour un fou.
Rester attentif et désamorcer la crise par le langage sont la clé pour éviter tout passage à l'acte et aider votre adolescent à reprendre goût à la vie.

 
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