"Les tests vendus sur Internet sont dangereux"

Article par Caroline RABOURDIN , le 10/07/2009 à 16h42 , modifié le 10/07/2009 à 17h13 0 commentaire

Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, chercheuse en sciences humaines et spécialiste en bioéthique, met en garde contre l'utilisation des tests de paternité vendus sur la toile.

Que pensez-vous des tests de paternité des laboratoires étrangers ?
Ils sont dangereux car ils ne sont pas fiables. On ne sait pas comment ils sont réalisés. L'un de mes collègues a d'ailleurs affirmé que 60 % des laboratoires étaient des faux. Le pire, ce sont les pères qui sont renvoyés tout seul devant leur résultat. Ca peut faire des drames épouvantables comme des tentatives de suicide... Les analyses sont faites à toute vitesse dans des officines parfois douteuses.
 
Les statistiques du magazine "The Lancet" ne sont-elles pas exagérées ?
Il y a quelques années, on avait montré avec l'Inserm que 20 % des aînés d'une fratrie n'avaient pas le bon géniteur. On tourne tous autour de ce pourcentage.
 
La France devrait-elle libéraliser les tests de paternité ?
Je suis tout à fait opposée à la libéralisation des tests de paternité. Je trouve que la loi française est très bien faite. Les analyses sont réalisées dans le cadre d'une procédure judiciaire. La France n'est pas prête à autoriser la vente libre de ces tests. On est même à l'opposé. Car la paternité, ce n'est pas que l'ADN. La paternité repose sur trois éléments : la biologie, la loi (le fait de reconnaître un enfant) et l'éducation (le fait de l'élever). Quand les magistrats jugent un conflit, ils tiennent compte de ces trois éléments. La paternité ne se déclare pas que dans la biologie.
 
En savoir plus :
"La part du père", Geneviève Delaisi de Parseval, éditions Seuil, collection Points Essais
http://genevieve.delaisi.free.fr/
 
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