Existe-t-il véritablement une mode des prénoms ?
Oui, mais quand mon père a lancé ce livre en 1986, les gens étaient très sceptiques. Pourtant, 20 ans plus tard, il est clair que de vraies tendances se dessinent. La mode des prénoms, c'est le contraire de la mode vestimentaire. On n'a ni envie de suivre, ni envie d'être suivi. On souhaite, à travers le nom que l'on va choisir pour son enfant, le singulariser. Mais attention à l'exagération ! Car certains vont orthographier différemment un prénom beaucoup donné, uniquement pour le différencier. Il existe par exemple 26 orthographes différentes de Tiphaine, et 28 pour Ryan ! Une fois adultes, beaucoup renoncent d'ailleurs à leur particularité orthographique.
Comment un prénom gagne-t-il en popularité ?
Nous avons du mal à expliquer clairement comment un prénom émerge plus qu'un autre, mais il y a des courants, comme la mode américano-celtique qui a, par exemple, propulsé les Kévin sur la première marche du podium il y a une vingtaine d'années.
Puis il y a des prénoms qui ont engendré des petites sœurs, comme Lou dont est née Louane et Lilou, ou bien Léa qui a donné Léanne. C'est fascinant de constater à quel point les gens n'ont pas conscience de la simultanéité de leur choix. Chacun souhaite un prénom singulier, mais le voisin fait souvent le même calcul en même temps ! Quand on fait un sondage sur les prénoms que l'on porte, beaucoup de personnes disent : « Mes parents ne se sont pas foulés ! ». Cette accusation est injuste, car beaucoup de futurs mamans et papas pensaient être originaux en choisissant tel ou tel nom. Mais les prénoms sont souvent imprégnés collectivement, et de façon tout à fait inconsciente. Quand par exemple on va bien aimer le prénom d'un héros d'une série télé, on va vouloir en choisir un aux consonances identiques... comme beaucoup d'autres parents au même moment !
Quelles sont ces consonances pour 2008 ?
Pour les garçons, on reste dans les prénoms aux sonorités latines, en " O ". Mathéo reste premier, il double Mattéo aux deux « t », et est suivi d'Enzo, Hugo, Théo...
Mais une tendance très forte se dessine pour la deuxième année consécutive avec les terminaisons en " AN " comme Ryan, Kilian, Evan... C'est, pour les garçons, un phénomène nouveau. Car il y a 20 ans, cette consonance aurait été jugée beaucoup trop féminine. Cette mode en « AN » s'inscrit dans la durée, puisqu'en 2008 il y aura aussi de nombreux Ilan ou Nolan.
Les prénoms en " IS " tels Mathis, Yanis ne sont pas en reste non plus.