Témoignage : Caroline a eu recours à l'IVG

Article par Eve GIMENEZ , le 09/06/2009 à 12h03 , modifié le 15/06/2009 à 14h30 0 commentaire

Depuis le vote de la loi Veil en 1974, les femmes n'ayant pas souhaité être enceinte ont le choix d'interrompre leur grossesse. Si une minorité finit par accepter la naissance, 72 % des femmes n'ayant pas désiré leur grossesse ont recours à l'IVG.

"J'ai rencontré quelqu'un en vacances lorsque j'avais 20 ans, se souvient Caroline, 45 ans aujourd'hui. J'ai été saisie d'un léger doute à la rentrée car je n'avais pas mes règles. Alors pour me rassurer, j'ai fait une prise de sang. En voyant le résultat, ça a été le choc. Je connaissais mon "ami" depuis un mois, j'entrais dans une école pour trois ans après deux ans de prépa, c'était impensable", explique-t-elle.

Garder l'enfant ou avorter ? Caroline a opté pour la seconde solution. "Je n'ai qu'un vague souvenir car je crois que j'ai volontairement effacé cet "événement" de ma mémoire. Je me souviens être arrivée le matin, avoir eu un accueil assez réservé, une chambre, un lit, une blouse pour le bloc, un calmant puis une anesthésie générale. Le réveil a été assez douloureux physiquement, je suis très sensible aux anesthésies et je suis restée "sonnée" un ou deux jours. Je suis rentrée dans l'après-midi accompagnée par ma mère et mon "ami" et j'ai dormi des heures." 

Depuis quelques années, le nombre de recours à l'IVG reste à un niveau élevé et tend même à augmenter pour certaines tranches d'âge (notamment les mineures). Mais cet acte est loin d'être anodin, comme en témoigne Caroline. "Par la suite, j'ai toujours eu du mal à en parler : quand un médecin vous demande le nombre de grossesses, les interventions... Selon les cas, j'en parlais ou pas. J'ai épousé mon "ami" cinq ans après et nous avons trois enfants. Il m'arrive de temps en temps de me poser des questions sur l'âge qu'aurait cet enfant. Fille ou garçon ? Aurais-je eu les trois autres ? Pour l'instant, mes enfants n'en savent rien et je ne sais pas s'il est nécessaire d'en parler... Cela reste encore tabou. J'ai essayé d'occulter cette période."

 
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