L'échec de la contraception en France : interview d'une spécialiste

Article par Eve GIMENEZ , le 13/06/2009 à 19h05 , modifié le 15/06/2009 à 15h16 0 commentaire

Michèle Ferrand, sociologue et directrice de recherche à l'unité Cultures et sociétés du CNRS.

Comment expliquer l'échec de la contraception aujourd'hui en France ?
Le manque de formation des médecins généralistes explique l'inadéquation entre la contraception et les besoins des femmes. Cette inadéquation est le fait d'une « norme médicale contraceptive » qui s'est peu à peu installée en France : le préservatif est destiné au début d'une relation, puis la femme a recours à la pilule et, enfin, le dispositif intra-utérin est réservé aux femmes ayant déjà eu des enfants. Certains médecins privilégient donc la prescription de méthodes qu'ils jugent efficaces mais qui sont inadaptées au mode de vie de certaines femmes.

La pilule n'est-elle pas le contraceptif le plus sûr ?
La pilule est le moyen contraceptif dont l'efficacité théorique est l'une des plus élevées. Or ce n'est pas forcément le contraceptif le plus adapté. L'oubli du comprimé est fréquent : en cas de relations sexuelles épisodiques car le risque ne semble pas omniprésent, ou bien en cas de changement fréquent des horaires de travail.

Mais le stérilet ne peut être prescrit qu'aux femmes ayant eu des enfants, n'est-ce pas ?
Pendant très longtemps, la France était aussi l'un des rares pays où les nullipares (femmes n'ayant pas eu d'enfants) ne se voyaient jamais prescrire de DIU (dispositif intra-utérin couramment appelé stérilet). Depuis quelques années seulement, ce phénomène commence à s'estomper. Tout comme on sait que le stérilet ne rend pas stérile.

 
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