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Grossesse tardive : où est la limite pour avoir un bébé ?

Article par Candice LUCAS , le 14/03/2013 à 11h20 , modifié le 14/03/2013 à 11h23 1 commentaire

Le nombre de grossesses tardives augmente en France. Mais plus l'âge de la maternité est avancé, plus la grossesse est à risque. Jusqu'à quel âge peut-on raisonnablement retarder la conception de bébé ?

Valorisation de la carrière professionnelle, coût de la vie qui augmente, envie de voyages, difficulté de rencontrer le futur papa, etc. L'âge du premier enfant a reculé au cours de ces dernières années. Il avoisine désormais les trente ans et le nombre de grossesses tardives augmente régulièrement dans l'Hexagone. Selon l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), 19,2 % des femmes ont plus de 35 ans au moment de la naissance (chiffres 2010). Mais avec l'âge, la conception devient plus difficile et la grossesse n'est pas sans risque.

Après 35 ans, la fertilité diminue et la venue de bébé peut se faire attendre plusieurs mois voire quelques années. Pour favoriser la conception, des traitements hormonaux peuvent stimuler l'ovulation et faciliter la mise en route de bébé. Le recours à la fécondation in vitro (FIV) n'est pas non plus un gage de réussite car là aussi les chances de succès dépendent de l'âge de la maman.

Cependant, outre les difficultés de procréation, les débuts de la grossesse peuvent également se compliquer : les ovules comportent davantage d'anomalies chromosomiques avec l'âge et la fécondation conduit plus fréquemment à un embryon non viable ou porteur d'anomalies génétiques graves (comme la trisomie 21, dont la fréquence de 1/1 500 à 20 ans s'élève à 1/64 à 42 ans). Ces anomalies augmentent les risques de fausse couche, les avortements spontanés sont plus nombreux (ils dépassent 30 % après 40 ans). Les naissances prématurées sont également plus courantes. 

Après 40 ans, attention à la santé de la maman 
Les grossesses tardives comportent donc davantage de risques pour le bébé que les grossesses à un âge plus jeune. Mais elles peuvent également compliquer ou aggraver l'état de santé de la maman qui souffre déjà d'une pathologie comme le diabète ou l'hypertension artérielle. Avec l'âge, la femme enceinte peut plus facilement développer un diabète ou une toxémie gravidique (complication rénale). Lorsque le fœtus n'est pas viable en raison d'une anomalie grave ou en cas de mise en danger de la maman, le recours à l'interruption médicale de grossesse (IMG) est inévitable. Plus fréquent avec l'âge, c'est une épreuve douloureuse sur le plan psychologique pour la maman, d'autant plus si elle vit sa première grossesse. Après 40 ans, cette première grossesse est alors bien souvent la dernière, anéantissant le désir de maternité de la maman. Passé 42 ans, l'approche de la ménopause complique d'autant plus les risques pour la maman et le bébé. Au-delà de 50 ans, les considérations éthiques prennent le pas sur les questions de santé : est-ce qu'une femme vieillissante pourra s'occuper pleinement de son bébé ? Quel sera l'incidence de la différence d'âge sur le développement psychologique de l'enfant ? L'enfant risque de perdre sa mère avant 18 ans, etc.  

Quelles que soient les raisons d'une grossesse tardive, qu'il s'agisse d'un premier enfant ou le dernier d'une fratrie, l'idéal est de bien anticiper les complications et d'en discuter avec votre médecin. Maintenant, les futures mamans bénéficient d'un suivi et d'une surveillance de qualité (notamment via le diagnostic anténatal et les traitements médicaux disponibles). Si l'idéal est de concevoir un enfant avant 35 ans, cet accompagnement accru des femmes enceintes - dans la limite d'un âge raisonnable, aux alentours de 40 ans - permet d'aborder la grossesse sereinement dans la majeure partie des cas.

A lire : J'attends un enfant, de Laurence Pernoud, aux Editions Horay, édition 2012-2013.

 
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