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Infertilité : 6 étapes clés à surmonter au sein du couple

Article par Anne-Flore GASPAR-LOLLIOT , le 06/03/2013 à 13h16 , modifié le 06/03/2013 à 14h22 0 commentaire

A l'annonce du diagnostic d'infertilité, c'est l'anéantissement pour les couples désirant devenir parents. Mais après ? Comment surmonter ensemble cette épreuve et toutes celles qu'elle implique ?

L'annonce de l'infertilité
Echographie, biopsie de l'endomètre, hystéro-salpingographie, spermogramme, dosages hormonaux... Quand après une multitude d'examens éprouvants le bilan de l'infertilité tombe, c'est souvent vécu comme l'annonce d'un deuil par le couple désireux de devenir parents : deuil d'une vie de famille et de maternité/paternité maintes fois rêvées et projetées. L'espoir, même infime, se nichant tout de même derrière les nombreux examens passés par le couple, l'incrédulité est d'autant plus grande et difficile à surmonter lorsque le diagnostic est posé. Mais une fois ce sentiment de sidération passé, une foule d'autres émotions devra être surmontée par l'homme et la femme.

La prise de conscience
Lorsqu'après des mois voire des années de tentatives infructueuses, le couple s'entend annoncer qu'il doit faire une croix sur son rêve d'enfant, c'est un énorme choc, un sentiment de vide et de consternation. C'est d'autant plus traumatisant pour l'homme et la femme que, de tous temps, l'impossibilité de transmettre la vie a été montré du doigt par la société : la femme stérile est alors souvent désignée comme « incomplète », « inutile » ou « non sortie de l'enfance » puisqu'elle ne pourra jamais procréer, tandis que la virilité, la puissance sexuelle et la masculinité de l'homme infertile sont remises en question. Une crise qui entraîne bien souvent découragement, dépression et rupture lorsque le couple ne peut pas faire face aux différentes conséquences (psychologiques, relationnelles ou sexuelles) que l'annonce de la fertilité peut occasionner.

Des émotions en pagaille
Dans l'ouvrage de référence, Un enfant... enfin (Hachette santé), les 3 auteurs spécialistes* écrivent que « la stérilité est classée spontanément par les femmes, infertiles ou non, au 4ème rang des événements traumatiques après un deuil bouleversant comme la mort de la mère, celle du père ainsi que l'infidélité de son partenaire ». Un traumatisme vécu comme une injustice aléatoire, une vraie blessure souvent accompagnée de sentiments bien naturels et compréhensibles de jalousie envers les proches déjà parents (même amis ou frères/sœurs) mais aussi ponctuée de révolte, d'impuissance, d'agressivité, de repli sur soi, de culpabilité et de dévalorisation. La femme peut vivre cette épreuve comme « la trahison de son corps. Elle éprouve une haine sourde à l'égard de ce corps qui l'abandonne, qui ne lui obéit pas, une colère qui, non exprimée et non résolue, peut générer des sentiments dépressifs ». Même si toutes ces émotions sont tout à fait normales, il convient alors de faire appel à un professionnel pour ne pas laisser l'épreuve entacher à jamais l'image de soi et impacter négativement la vie sociale et familiale.

L'annonce à l'entourage
« Trouver le courage d'aborder le sujet avec son entourage constitue une étape vers l'acceptation. Les hommes seront plus discrets si l'infertilité les concerne. Seulement 20 % d'entre eux le disent à leur famille et à leurs amis ». Cependant, la pression familiale, le questionnement et l'indiscrétion récurrents des proches peut vite devenir embarrassant voire invivable dans une situation d'infertilité. Certains peuvent même cesser de voir leur entourage pour éviter d'être confrontés à ce genre de situation. Mais pour ceux qui auraient fait le choix d'en parler, préparez-vous à être la cible d'une empathie souvent déplacée, de conseils inappropriés voire de jugements dévalorisants.

Choix de traitement... ou pas
Une fois les émotions extériorisées et le chagrin atténué, vient alors le non moins douloureux moment de la réflexion et du choix final : adoption, don de gamètes, recours à l'assistance médicale à la procréation (AMP) ou abandon... Quel qu'en soit le verdict, il est absolument indispensable que la décision soit prise en commun et vécue pleinement par les 2 conjoints. Dans cette phase décisionnelle, n'hésitez surtout pas à faire appel à plusieurs professionnels pour bien comprendre tous les détails de votre situation et les enjeux de votre décision. D'autant que le traitement (si vous optez pour cette alternative) est en lui même une longue et difficile épreuve de ténacité et de motivation.

Deuil et renoncement
Le deuil ne pouvant « s'accomplir facilement puisqu'il ne s'agit pas d'une disparition inhabituelle et matérialisée comme celle d'un parent proche, mais de celle de la fertilité biologique », il y a toutefois un renoncement à faire. Si certains couples, résignés ou dans le déni, rejettent d'emblée l'alternative de l'AMP, il est indispensables pour le couple de bien communiquer et de mettre au clair ses idées, pourquoi pas avec l'aide d'un spécialiste, pour qu'il ne soit pas un jour rongé par le regret.

 

*Pr René Frydman (gynécologue obstétricien, ancien chef de service de la maternité de l'hôpital Antoine Béclère à Clamart, spécialiste de renommée internationale de la reproduction), Pr Nelly Frydman (pharmacien biologiste, reponsable de la Biologie de la reproduction à l'hôpital Antoine Béclère à Clamart ) et Dr Muriel Flis-Trèves (psychiatre et psychanalyste, à la maternité de l'hôpital Antoine Béclère à Clamart).

 
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