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La table de Noël : ce qui s'y joue

Article par Marie-Lucie VANLERBERGHE , le 02/12/2005 à 11h20 , modifié le 02/06/2008 à 14h46 0 commentaire

Dans "Casseroles, amour et crises", Jean-Claude Kaufmann décrypte ce qui se joue autour de la table. A Noël, le décalage entre la représentation idéalisée de la tablée familiale et la réalité de son déroulement est parfois criant, comme l'explique le sociologue.

Qu'est-ce qui se joue autour de la dinde ?
C'est différent d'une famille à l'autre. Cela dépend de la fréquence des retrouvailles familiales, qui fait varier le désir de se retrouver. Lorsque les membres sont éparpillés et se voient peu, les enjeux prennent encore plus d'importance. Le repas de Noël fait partie des grands moments familiaux, de ces temps forts à ne pas rater.

Quelles sont les attentes ?
Il y a deux aspects forts : le sapin avec les enfants, et la tablée de Noël, généralement adulte. C'est un grand moment, où chacun a envie d'être proche de sa famille. Dans les sondages, la famille est citée en premier parmi les valeurs auxquelles tiennent les Français. Et chacun se sent un peu coupable de déclarer " famille, famille " alors qu'on y passe peu de temps... Du coup on se rattrape à Noël. L'attente est très forte, portée par l'ambiance qui précède les fêtes : les bougies, la musique, les vitrines, les scintillements... Difficile d'être en dehors du coup !

Comment cela se manifeste t-il ?
Tout le monde est réuni pour goûter au bonheur en famille et pour mettre du contenu au rêve. On se contrôle dans les conversations pour que tout se passe bien. On fabrique du bonheur familial en se rappelant les bons souvenirs, en sortant les albums (on ressort souvent les photos des Noël précédents !), en racontant les mêmes histoires qui font toujours rire...


Le rêve fonctionne t-il toujours ?

Parfois, il y a une dichotomie entre rêve et réalité. Ce n'est pas forcément la catastrophe, mais il arrive qu'on s'ennuie. On avait rêvé du bonheur simple, et puis on n'échappe pas aux petits conflits. De petites crises éclatent parfois au milieu du bonheur obligatoire. Malgré la déception, on va revenir l'année suivante. Il faut un prétexte pour ne pas venir à Noël !

Et avec les enfants ?
On avait rêvé à leurs mines émerveillées. Et parfois c'est raté : ils font la tête ou manifestent une indifférence insupportable. Il y a eu depuis plusieurs années un crescendo du total des cadeaux. Maintenant, les enfants évaluent, comparent... C'est souvent incompréhensible pour les parents si le bonheur des enfants n'est pas au rendez-vous.

Les rituels évoluent-ils ?
Noël est une des dernières fêtes dont le rituel bouge peu. Quand parfois il y a une nouvelle résolution culinaire, il s'agit de remplacer la dinde par le chapon... Il faut que Noël reste Noël !

Casseroles, amour et crises de Jean-Claude Kaufmann, éd. Armand Colin

 
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