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Stérilité : où trouver une aide psychologique ?

Article par Marie-Lucie VANLERBERGHE , le 14/02/2008 à 16h51 , modifié le 28/11/2008 à 13h38 2 commentaires

Tandis qu'environ 15 % des couples consultent pour infertilité depuis plus d'un an, seulement 3 à 5 % sont stériles. Pourtant, dans un cas comme dans l'autre, le constat d'infertilité constitue l'une des crises les plus difficiles à vivre pour un couple. Comment avancer, à qui en parler, où trouver une aide ?

En finir avec la culpabilité
Peu de crises agitent autant d'aspects psychologiques que l'infertilité. L'impossibilité d'obtenir une grossesse affecte non seulement le couple, mais chacun des partenaires ainsi que leurs familles respectives. Selon Geneviève Delaisi de Parseval*, psychanalyste, cette découverte provoque une blessure narcissique profonde, souvent vécue comme une malédiction. " Avoir un enfant paraît évident et normal pour tout le monde. Découvrir sa stérilité produit un choc énorme, dont les répercussions touchent plusieurs aspects de la vie et du couple. "
Sentiment d'incapacité ou d'exclusion, culpabilité, stress... le couple se sent atteint dans son intégrité physique et sociale, car il ne répond pas à l'image idéale renvoyée par la société. La dynamique familiale entre également en ligne de compte." Ne pas avoir d'enfant, analyse Geneviève Delaisi, signifie aussi ne pas donner de petit-enfant à ses parents. Le couple a le sentiment de ne pas assurer la transmission familiale. "

Une sexualité programmée difficile
On pense bien sûr aux incidences sur la vie sexuelle du couple, surtout lorsque ce dernier se tourne vers la procréation médicalement assistée (AMP). Dès lors, les partenaires poursuivent un but procréatif, avec des rapports programmés, des examens... " Les couples vivent mal cette sexualité déshumanisée, compatit la psychanalyste, beaucoup se plaignent de troubles sexuels et finissent par se désintéresser peu à peu de ce type de relation. "

Une prise en charge psychologique quasi-inexistante
Alors que le couple est en souffrance, on constate une grande insuffisance dans sa prise en charge psychologique.
Un rapport d'information du Sénat a fait état de ce manque : " (...) l'intervention d'un interlocuteur extérieur au milieu médical apparaît largement souhaitable, qu'il s'agisse, comme le suggérait le professeur René Frydman, d'une conseillère en infertilité, ou d'un psychologue. "
Malheureusement, les équipes d'AMP manquent de psychologues, et les couples doivent eux-mêmes trouver une aide. Or dans ce domaine, mieux vaut se faire recommander quelqu'un.
" Dans bien des cas, participer à des forums sur Internet est plus utile que d'éplucher les pages jaunes. Peu de psychologues connaissent suffisamment ce domaine. Il peut être utile d'en parler à d'autres couples dans la même situation ", conseille Geneviève Delaisi.

Les partenaires ont besoin de formuler leur détresse autrement que dans un langage médical. " Mon médecin m'a dit que j'avais les ovaires d'une femme de 45 ans, s'est un jour plainte une patiente de 30 ans, raconte la psychanalyste. Le langage des médecins déstabilise souvent les couples. Il faut traduire ce langage de tuyauterie en mots humains. "

Les alternatives possibles
Une bonne information sur les aspects médicaux et humains aide les couples à envisager une alternative : certains choisissent la procréation médicalement assistée, d'autres se tournent vers l'adoption ou font le choix d'une vie sans enfant. Quelle que soit la voie envisagée, le processus peut durer des années et engendrer des difficultés : stress, lassitude, découragement, perte de confiance...

Les couples doivent garder à l'esprit qu'en fonction de leur problème, une grossesse n'est jamais garantie, qu'un bébé n'arrive pas toujours au moment où on l'attendait, et que la fertilité féminine diminue après 35 ans. Il leur faut apprendre à faire le deuil de leur fertilité et imaginer une vie épanouie et heureuse sans enfants.

L'importance d'un soutien
Le couple tiendra mieux le coup s'il parvient à faire passer l'amour du conjoint avant son désir d'enfant. La parole et le dialogue restent les meilleures armes pour affronter ensemble la situation. Enfin, le partage, par le biais de groupes de paroles ou de forums d'associations, apporte un soutien précieux, dont les couples auraient tort de se priver. Quelques entretiens avec un " psy " pour faire le point peuvent évidemment s'avérer très utiles. Mais c'est rarement le moment d'entreprendre une longue démarche de thérapie.

Liste des associations :
Maïa, association d'aide aux couples confrontés à l'infertilité.
Appelez Corinne au 06 78 45 52 77 du lundi au vendredi de 9h00 à 12 h00 et de 14 h00 à 17 h 00.

Pauline et Adrien, association d'aide aux couples infertiles.

Cadco, association à destination des adultes nés par procréation médicalement assistée, enfants abandonnés, mères qui ont accouché sous X...

 
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