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Les programmes pour enfants sous haute surveillance

Article par Marie-Lucie VANLERBERGHE , le 27/03/2006 à 11h14 , modifié le 14/11/2006 à 09h12 0 commentaire

Anne-Sophie Perrine, psychologue, fait partie de l'équipe en charge de la surveillance des programmes de l'unité jeunesse de TF1. Elle explique comment sont évaluées les " scènes à risques " dans les programmes TF! destinés aux jeunes spectateurs.

Pour évaluer le risque de perturbation psychique liée à violence contenue dans des scènes de combat, dans le cas de séries où figurent des scènes de combat, l'analyse repose sur différents critères :

-le point de vue du héros : 
" On sait que l'enfant s'identifie plus facilement au héros, il faut donc nous assurer que ce dernier véhicule un discours positif autour du bien contre le mal, qu'il ne soit pas l'objet d'attaques répétitives sans possibilité de défenses où l'issue du combat serait en faveur du méchant. Cela risquerait d'inquiéter le téléspectateur : si son héros ne parvient pas à combattre les forces du mal, que va-t-il advenir de lui, simple humain vulnérable, sans pouvoirs particuliers ? "

-le contexte dans lequel se situe la ou les scènes " à risque " : 
" Nous n'hésitons pas à couper des scènes de combat ou du moins à réduire leur durée lorsqu'elles sont trop longues et/ou répétitives, lorsqu'elles ne sont pas entrecoupées de moments calmes permettant une reprise possible au téléspectateur. Des scènes de combats répétées risquent de renforcer la tension physique et émotionnelle de l'enfant et le conduire à décharger dans la réalité ce trop-plein d'agressivité. "

-le type de réalisation : 
" Un montage des scènes de combat trop rapide, des gros plans, une musique qui exacerbe la tension dramatique, risquent de surstimuler le téléspectateur ne lui permettant plus une prise de distance nécessaire par rapport à ces images. "

-le caractère réaliste des scènes de combat :
" Il est important que l'environnement dans lequel les combats s'exercent soit repéré comme imaginaire par le téléspectateur et que le mode de confrontation soit le moins réaliste possible (l'usage d'armes à feu est bien évidemment proscrit) car autrement, l'enfant risque non seulement d'être incité à reproduire ce type d'agression mais aussi de craindre dans la réalité ce genre d'attaques. "

 
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