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Pierre et le loup, le nouveau défi de Valérie Lemercier

Article le 21/11/2007 à 15h44 , modifié le 22/11/2007 à 18h36 0 commentaire

Quand Tugan Sokhiev accorde son talent à la narration de Valérie Lemercier, ça donne un Pierre et le loup particulièrement réussi. Interview d'une comédienne décidemment douée.


Vous avez dit un jour : « Le cinéma, c’est comme un père, ça fait rêver. Le théâtre, c’est comme une mère, on y revient toujours ». Et la musique ?
La musique, ça vous porte. Pour moi, c’est associé à la danse. Donc ça pourrait être un homme.

En écoutez-vous dans votre loge avant d’entrer en scène ?Pierre et le loup
Oui. Des choses très gaies. Les Frères Jacques, Mireille et Jean Nohain. Et même les Spice Girls ! Avant j’écoutais beaucoup de chansons tristes, comme Barbara, mais j’ai arrêté.

Comment avez-vous découvert « Pierre et le loup » enfant ? Par le disque ?
Oui. On avait tout à la maison : Pierre et le loup, Piccolo Saxo, la collection du Petit Minestrel sur la vie des musiciens… On était quatre sœurs et on aimait tellement « Pierre et le loup » que le disque de Gérard Philipe était tout rayé.

Quelle a été votre réaction quand Naïve vous a proposé de raconter « Pierre et le loup » ?
J’ai sauté de joie, je rêvais de l’enregistrer depuis tellement longtemps. J’ai une vingtaine de versions chez moi de « Pierre et le loup ». Celle de Gérard Philipe évidemment, et puis celles de Peter Ustinov, Claude Piéplu (ma préférée), Jacques Brel, Jean Rochefort, Sophie Marceau, Smaïn et même celles de Bill Clinton, Alec Guiness, David Bowie, Sophia Loren…
Dans mon dernier spectacle, aux Folies Bergère, j’ai voulu utiliser la marche des Chasseurs pour mon entrée, mais c’était trop lent et trop beau pour l’effet que je voulais créer.
Dans la bande son de mon film « Palais royal », j’ai aussi  beaucoup pioché dans « Pierre et le loup ». C’est une œuvre que je peux écouter quatre fois par jour sans me lasser. C’est parfait sur le plan de la forme et tellement riche. Comme « West Side Story » de Leonard Bernstein ou « Le livre de la jungle » de George Bruns (Walt Disney).

Vous avez même voulu participer au livret en apportant vos propres dessins originaux. Pourquoi ?
Parce que j’adore dessiner. Au début, je voulais qu’on fasse appel à un illustrateur. J’ai vu aussi un dessin que j’aimais beaucoup dans une crêperie de Saint-Malo. C’était signé Dodik (diminutif de David en russe), mais où trouver ce Dodik ?  Et puis, je me suis dit pourquoi pas moi ! J’ai essayé de m’inspirer du graphisme soviétique. Je n’aime pas le genre naïf, je préfère le réalisme stylisé.
J’ai fait les dessins à la plume et j’ai tout scanné sur mon mac. Je vais juste rajouter une touche de rouge partout pour que ce soit plus gai.



Vous jouez d’un instrument ?
J’ai fait du violon. Quatre ans ! Au début, j’avais choisi la clarinette, mais mon père voulait en faire aussi et je ne voulais pas partager mon instrument. Mes sœurs avaient choisi des choses plus faciles comme la flûte traversière ou le piano. Moi, j’ai ramé avec le violon. J’aimais l’entendre, mais c’est vraiment ingrat à étudier les premières années. Mes neveux font tous de la musique à un très bon niveau. Moi, j’ai un piano chez moi, un Pleyel droit, et j’adore quand quelqu’un s’y met pour faire chanter tout le monde.

Quels sont vos compositeurs préférés ?
Tchaïkovski, Chopin, Prokofiev. C’est lui qui a fait « Cendrillon » aussi ? Oui, j’aime beaucoup.

Une opérette, ça ne vous tente pas ?
Oh si. On m’avait proposé de mettre en scène « La vie parisienne » à la Scala. Je n’étais pas libre, mais une passion pour Offenbach. En ce moment, je tourne dans le prochain film d’Étienne Chatiliez «  Agathe Cléry », qui est une comédie musicale avec Anthony Kavanagh, Jean Rochefort, Isabelle Nanty, Dominique Lavanant, … J’y joue le rôle Agathe Cléry, une fille blanche, raciste qui va devenir noire…
 

Vous n’avez pas envie d’écrire un jour un conte musical pour les enfants ?
Si. Un dessin animé. J’ai fait la voix de Jane dans « Tarzan » et dans « Chicken Run », la poule Ginger !  C’est un exercice très amusant. J’aimerais écrire l’histoire d’une petite fille qui est enfermée la nuit dans un grand magasin. J’en rêvais enfant et je me blottissais dans les rayons en espérant qu’on m’oublie.

Pierre et le loup, Naive, Serge Prokofiev et Valérie Lemercier, 16,99 euros


Propos recueillis par Olivier Bellamy

 
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