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Joints et ados, comment réagir ?

Article par Cyril-Claire COURNOYER , le 05/04/2006 à 12h29 , modifié le 14/11/2006 à 09h22 0 commentaire

Votre ado consomme occasionnellement ou régulièrement de la marijuana. Vous ne savez pas comment réagir ni comment aborder la question. Le dialogue demeure le moyen le plus efficace de lutter, avec lui, contre cette habitude.

Besoin de se détendre, se sentir en osmose avec son groupe de copains, changer les facultés sensorielles... La consommation de marijuana se banalise presque certains adolescents et jeunes adultes. Si son niveau de dépendance physique est quasi-inexistant, en revanche, sa dépendance psychologique est très importante. Côté toxicité, de récentes études prouvent que fumer trois joints équivaut à fumer un paquet de cigarettes.
De plus, plusieurs docteurs affirment que consommer trop souvent du cannabis peut développer des tendances paranoïaques chroniques, voire schizophréniques. Un jeune fumeur développera 4 fois plus de risques de souffrir de troubles psychiatriques à l'âge adulte qu'un non-fumeur.
Dans ce contexte, il est important de discuter et d'informer votre enfant des risques qu'il encoure.

Discuter sans juger
Les ados détestent se sentir jugés ou condamnés. Il est important de discuter avec eux sans préjugés et d'éviter la simple répression. Pourquoi ne pas lui faire lire des articles qui traitent de la dépendance que peut engendrer la consommation de cette drogue ?

L'appellation " drogue douce " n'est plus adéquate pour décrire le principe actif de la THC (Tétra-Hydro-Cannabinol) que contient la marijuana. En effet, demander à votre enfant si une de ses connaissances a facilement arrêté de consommer du cannabis, et voyez ce qu'il répond.

Le questionner en douceur
L'adolescence est une période où on a besoin de faire ses propres expériences. C'est pour cette raison qu'il ne faut pas jeter la pierre à votre ado s'il a déjà fumé un joint. Montrez-lui que vous êtes là pour l'écouter et demandez-lui pourquoi il éprouve ce besoin de fumer. Ressent-il un manque de confiance en lui ? En a-t-il besoin pour se désinhiber ? Sent-il une pression de la part de ses copains ? Nommer les raisons qui le font fumer lui permettra de prendre conscience de ses manques et de les travailler.


Prévenir
Il est bon de ne jamais se désintéresser de l'emploi du temps de votre enfant. Etre au courant de ses sorties, ce n'est pas le " fliquer ", mais l'encadrer. Planifier avec lui des créneaux horaires pour faire des activités ensemble afin qu'il vous sente disponible et ouvert aux discussions.

Dans le cas où vous n'arrivez pas à garder un lien de confiance avec lui, ou si votre confiance à son égard est brisé, sachez qu'il existe de nombreux centres spécialisés dans la prise en charge psychologique et thérapeutique. Quoi qu'il arrive, faites-lui prendre conscience que vous agissez toujours POUR, et jamais CONTRE lui.

Témoignages
Claire, 29 ans : " Mon meilleur ami devenu schizophrène à cause de l'herbe "
J'ai rencontré Hervé en terminale et il fumait depuis plusieurs années. Au fil des ans, j'ai développé un lien unique avec lui, une amitié que je croyais indestructible. Mais sa grosse consommation de joints était toujours un point sur lequel on se disputait. Je le trouvais dépendant, et lui me répondait qu'il s'arrêterait quand il le voudrait. Mais il n'a jamais voulu arrêter. Je suis partie vivre plusieurs années au Québec et nous avons gardé contact. Nous continuions à nous voir 3 ou 4 fois par an, et à chaque fois, je le trouvais de plus en plus étrange. Plus absent, plus agressif, limite parano. Un jour, sa mère m'a appelée pour m'annoncer qu'il était enfermé en institut car il avait pété un câble. Les docteurs l'ont diagnostiqué schizophrène. Il est sorti de l'hôpital mais sa mère me conseille de ne pas le faire venir chez moi car elle ne sait pas comment il peut agir avec des jeunes enfants. (Les miens ont 2 et 4 ans). Un jour où Hervé était lucide, il m'a dit que commencer à fumer avait été la pire " connerie " de sa vie et que j'avais eu raison de lui faire la morale, même s'il n'avait rien écouté. Je me souviens maintenant d'Hervé-mon-meilleur-ami avec une tristesse énorme. Le Hervé d'aujourd'hui n'est plus la même personne. Son docteur m'a dit que les instituts étaient remplis de jeunes qui ont trop fumé. Et quand j'entends Thierry Ardisson crier sur tous les toits qu'il souhaite la légalisation des joints, j'ai envie de lui présenter mon zombie d'Hervé.

David, 25 ans " Le joint n'est pas une drogue douce. "
Je fume mon joint tous les soirs avant d'aller me coucher, ça me détend, je dors mieux, et c'est ma pause de la journée. Je travaille dans la finance, un monde archi stressant. Alors " Marie-Jeanne " est une bonne copine qui m'aide à déconnecter ! Mais depuis quelques mois, je réalise qu'elle m'est devenue complètement indispensable et ça m'embête un peu... Je suis allé une semaine en Irlande sans elle, et elle m'a vraiment manqué. Je dormais beaucoup moins bien et je me sentais très agité. A croire que malgré mon attachement à l'herbe, j'ai réalisé que ce n'était pas une drogue douce, c'est une drogue, tout court.

 
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