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Faut-il vraiment lui offrir ce qu'il demande ?

Article par Marie-Lucie VANLERBERGHE , le 14/12/2006 à 09h31 , modifié le 14/12/2006 à 16h53 0 commentaire

Il commence déjà à vous tanner pour avoir à Noël le jouet à la mode... Or, il se trouve que ce jouet en particulier n'est pas à votre goût ! Entre le désir de lui faire plaisir et celui d'être cohérent avec vos valeurs, pas facile de choisir... Faut-il lui faire ce cadeau à contre-cœur ? Prendre le risque de le décevoir ? Plurielles a recueilli vos témoignages et l'avis de Christine Brunet, psychologue.

Le pantalon baggy
" Mon fils de 12 ans m'a réclamé des vêtements " Baggy ", ces pantalons très larges qui tombent sur les fesses et ne me plaisent pas... Mais pour lesquels j'ai cédé en souvenir de l'adolescente que j'étais à son âge. Je résiste encore pour le téléphone mobile et une console de jeu moderne. Il possède déjà l'ancien modèle devant lequel il passe des heures. Pour Noël, je préfère lui offrir un vélo, même si c'est plus cher. Au moins il se dépense à l'extérieur ! "
Géraldine, maman de Paul, 12 ans.

L'avis du psy : " Cette maman fait la démarche sympathique de se souvenir de son adolescence. Elle a pourtant raison de ne pas céder sur la nouvelle console puisque son fils en a déjà une. Quant au portable, il n'est pas indispensable à son âge, et fait souvent l'objet de racket dans les collèges. En achetant un pantalon Baggy à son adolescent, cette maman peut ajouter une explication sur le fait qu'il ne peut pas porter ce pantalon en toutes circonstances. " OK pour le week-end avec les copains, mais sûrement pas à l'anniversaire de Mamie... "


Joindre l'utile à l'agréable
" Marraine d'une petite fille qui va avoir 13 ans, j'ai décidé de toujours lui offrir pour Noël un cadeau qui joint l'utile à l'agréable. Je ne lui ai jamais demandé ce qu'elle voulait, car d'une part je ne veux pas céder à une tendance, et d'autre part je préfère qu'elle ait une véritable surprise. Je me souviens lui avoir offert un lecteur de cassettes pour écouter de la musique ou un livre d'histoire dans lequel on voit l'évolution d'une ville depuis la préhistoire jusqu'à notre époque. L'année dernière, j'avoue avoir quand même cédé à la tendance en lui achetant une doudoune sans manche. Pour être certaine de lui faire plaisir (c'est quand même l'objectif !) je me fie à ses goûts et je me pose la question de savoir si j'aurais aimé recevoir le même cadeau au même âge. "
Sandrine, marraine d'Elodie, 13 ans.

L'avis du psy : " Joindre l'utile à l'agréable, ce n'est pas forcément fêter l'enfant. Il y a des enfants qui aiment les surprises et d'autres pas trop. Cette marraine fait l'effort de trouver un cadeau en harmonie avec l'âge de sa filleule, mais en se fondant sur ses goûts au même âge. Or les modes changent et les petites filles d'aujourd'hui ne veulent pas les mêmes jouets que celles d'hier. En voulant bien faire, la marraine est peut-être un peu dirigiste."


La poupée vulgaire
"Début décembre l'an dernier. C'est l'habituel passage en revue des catalogues de jouets avec ma nièce et filleule, âgée de huit ans. Sans hésiter un seul instant, elle pointe du doigt ces fameuses petites poupées à grosses têtes, pantalons taille basse et talons compensés. Bref, très tendance, mais surtout assez vulgaire. J'ai beau invoquer la manque d'esthétique et faire miroiter des cadeaux plus "éducatifs", ma nièce coupe court à toute négociation : "J'adore trop, et toutes mes copines ont commandé ça".  Je capitule, me disant qu'après tout, ce n'est pas ma fille et que je n'ai pas à intervenir dans ses choix. Une fois dans le rayon d'un géant du jouet, c'est la consternation. Définitivement, ce jouet ne me correspond pas. Après d'interminables tiraillements, allées et venues et autres hésitations, je finis par m'asseoir sur mes jolis principes d'éducation. La poupée a été achetée, ma filleule comblée. Mais c'est sûr, la prochaine fois on ne m'y reprendra pas !" 
Pascal, parrain d'Hélène, 8 ans.

L'avis du psy : " Ce parrain est attentif à sa filleule. Il a bien essayé de négocier, d'argumenter, de suggérer autre chose, mais il décide de lui faire plaisir pour Noël. S'il ne se permet pas en tant que parrain, d'accompagner son cadeau d'un petit commentaire, on peut imaginer que des parents, tout en choisissant de satisfaire leur fille dans une occasion comme Noël, lui disent que cette poupée véhicule, selon eux, un aspect de la féminité pas très valorisant... "


Des pistolets
" Je refuse clairement d'offrir à mon fils des jouets représentant des armes terribles. Dieu merci, il n'est pas attiré par ces sortes de poupées " Rambo " pour petits garçons. Mais j'avoue avoir cédé sur des pistolets, genre Cow-Boy, parce que la plupart des garçons y jouent et que l'en priver pourrait provoquer une frustration, qui aurait peut-être des conséquences pires que les bagarres qu'ils se livrent entre eux pour s'amuser... Mais je limite en lui refusant régulièrement une demande de nouveau pistolet. Pour la commande au Père Noël, tant qu'il y croit, il devient plus simple d'orienter les choix, en disant que de toute façon, la décision finale revient au Père Noël. Cela se compliquera évidemment quand il n'y croira plus ! "
Manuella, maman de Raphaël, 6 ans.

L'avis du psy : " Cette maman a raison d'avoir cédé pour des pistolets, car tous les petits garçons en veulent et s'en fabriquent, mais elle a aussi raison de limiter. La possession d'un jouet donne à l'enfant le sentiment d'appartenir à un groupe. Les enfants détestent se sentir différents, c'est pourquoi il ne faut pas toujours leur refuser le jouet du moment. Mais il est bon d'expliquer à un petit garçon qu'il n'a pas le droit de se bagarrer en classe, que c'est un jeu, bref, de canaliser son agressivité. "

 
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