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Enfant tyran et autorité : quelques conseils

Article par Marie-Lucie VANLERBERGHE , le 04/04/2007 à 09h44 , modifié le 05/02/2008 à 17h14 0 commentaire

Il a des rapports conflictuels avec son entourage, ne supporte aucune contrainte, impose son diktat à toute la famille... Bref, il est devenu un petit tyran. Pour rétablir l'autorité, mieux vaut lire les conseils de Didier Pleux, psychologue.

A quoi reconnaît-on un enfant roi ?

L'enfant roi dicte sa loi à ses parents qui ne l'ont jamais contraint à quoi que soit. Il est tyrannique et impose ses exigences à tout le monde. Il a tellement pris goût à son pouvoir qu'il n'a plus aucun respect pour personne et la recherche de son unique plaisir l'entraîne à nier l'autre. Il est devenu omnipotent.

Un enfant gâté risque t-il de devenir un enfant tyran ?

Pas forcément. Un enfant gâté a beaucoup reçu, mais on ne l'a pas forcément laissé prendre le pouvoir. Certains enfants sont privilégiés, matériellement et affectivement, mais ont appris à vivre avec les autres. Ils grandissent avec des cadres et des limites clairement posés.

N'est-il pas trop tard pour rétablir l'autorité ?

Plus on attend, plus c'est difficile. Mais l'enfant " tyran "  n'est pas heureux malgré son pouvoir. Il est aussi plus vulnérable, car il n'a pas acquis le principe de réalité. N'ayant jamais supporté la contrainte, il vivra très mal son premier chagrin d'amour, risque de tomber plus facilement dans des addictions... S'il n'est jamais trop tard, rétablir l'autorité s'avère extrêmement difficile.

Comment les parents peuvent-ils revenir à l'autorité ?

Pour commencer, ils doivent relativiser ce que la psychologie enseigne. Beaucoup de parents pensent que l'enfant va se construire par étapes, avec la vie. D'autres, que la frustration est synonyme de souffrance... tout ceci est faux.
Ensuite, il faut redéfinir des limites pour que l'enfant se confronte peu à peu à la réalité. Cela signifie qu'il faut inclure des moments d'efforts, d'ennui, d'attente, de services...
Il est du devoir des parents d'être vigilants, de s'interroger sur ce que l'enfant fait pour les autres. Obliger son enfant à aller au bout d'un cycle, lui imposer des contraintes et des frustrations (mettre la table, débarrasser...) relève de l'éducation. Cela passe souvent par une " guerre " au quotidien. Evidemment, ce discours déplaît à beaucoup de parents.

Pourquoi les parents ont-ils oublié de faire leur travail de parent ?

Bien souvent, les parents se laissent gouverner par leurs émotions et par leurs croyances dans la psychologie classique. Peur de traumatiser l'enfant, de ne pas en être aimé, croyance que l'enfant a un développement psycho-affectif quoi qu'il arrive... Les raisons sont multiples.
Avec la psychologie moderne, l'enfant a été mis sur un piédestal. Et certains parents ont remis en cause le principe de frustration. Dans cette mouvance du " tout psy ", l'éducation est devenu le parent pauvre. Là, on parle de faire la vaisselle, de ramasser des noix... Rien de transcendant, des choses simples, du bon sens, la vie en groupe.

Les parents doivent-ils se justifier lorsqu'ils font preuve d'autorité ?

Non. Il faut arrêter la plaidoirie. Les parents ont le droit d'être injustes, de se tromper, de couper momentanément la relation avec leur enfant quand ce dernier est trop pénible. Etre autoritaire ne signifie pas être agressif. Cela signifie s'occuper de son enfant, ne pas le laisser tout seul. Et puis éduquer, ce n'est pas être aimé. Il faut apprendre à accepter le conflit, le désamour parfois.
Le parent ne doit pas se laisser chosifier par son enfant, qui doit comprendre que sa mère n'est pas un lave-linge doublé d'un frigo et d'un portefeuille...

 Que conseillez -vous aux parents ?

Il faut revenir au principe de réalité. Revenir à l'interdit. Certains parents se disent qu'il vaut mieux fumer un joint avec son enfant plutôt qu'il le fasse en cachette. Ils préfèrent héberger le petit copain sous leur toit et fournir les préservatifs que d'imaginer leur fille faire l'amour dans une voiture... Tout devient trop permissif, trop tôt. Pour les enfants, c'est trop facile. Ils ne se construisent pas de cette façon-là.

De l'enfant roi à l'enfant tyran de Didier Pleux, chez Odile Jacob.
Demandez la permission aux enfants, d'Eric Civanyan, en salles le 4 avril 2007

 
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