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Il a dépassé les bornes : fessée ou punition ?

Article par Marie-Lucie VANLERBERGHE , le 07/03/2007 à 17h02 , modifié le 07/02/2008 à 11h55 4 commentaires

Elle est loin, heureusement, la fessée d'un autre temps, raclée plus proche du dressage que de l'éducation. Chez nous, le drame de la maltraitance enfantine s'étale sous les feux de l'actualité. Dans ce contexte, on n'ose à peine en parler. Christine Brunet, psychologue, apporte son point de vue et ses conseils.

Donner une fessée, est-ce forcément un échec éducatif ?

Pas forcément, mais une fessée coupe court à la communication entre le parent et l'enfant.
Un parent ne doit en aucun cas rester indifférent à une bêtise. Il peut adopter une attitude très ferme et cohérente par des paroles, le ton de sa voix, son regard et ses gestes. Lorsque c'est possible, on peut demander à l'enfant de réparer sa bêtise (ramasser les petits pois qu'il vient de jeter ou faire une caresse au petit frère qu'il vient de malmener).
Cependant, si la fessée ne doit pas être érigée en modèle éducatif, elle n'est pas forcément un frein à la créativité de l'enfant. Bien souvent, elle arrive dans un contexte d'énervement maximum. Elle signe alors le " stop ", mais ne peut être efficace que si elle reste exceptionnelle.

Un enfant peut-il être traumatisé par une tape ?

Une tape sur les mains ou sur les fesses ne traumatise pas un enfant. Mieux vaut l'accompagner d'un regard de réprobation et d'un mot d'explication (" ce que tu fais est inadmissible, je ne peux pas l'accepter"). Certaines paroles de parents, dites sur un ton agressif, peuvent avoir des répercussions bien plus graves qu'une tape donnée " à bon escient ". Au-delà de 5-6 ans, mieux vaut avoir recours à une punition.


Qu'est-ce qu'une " bonne fessée " ?

Une fessée peut servir à poser des limites à votre enfant. Il n'est pas question de fessée déculotté administrée sur les genoux du parent, l'enfant à plat ventre... Pas question non plus de gifle humiliante, de coup de pied aux fesses, encore moins de martinet ou de ceinture. Certains de ces procédés relèvent de l'enfance maltraitée, phénomène qui, malheureusement, existe encore dans certaines familles...
La fessée est un moyen de dire stop à une bêtise ou à une parole inacceptable ou de mettre fin à une exaspération. On coupe ainsi court à une dispute qui n'en finit plus, qui donne au parent un sentiment d'incompétence, et à l'enfant une impression de toute puissance.

Dans quels cas lui donner une tape ?

Votre enfant est allé trop loin dans l'insolence ou la désobéissance, il a dépassé les bornes. De votre côté, vous avez déjà essayé plusieurs méthodes : explication ferme, persuasion... Mais votre enfant fait sa crise, et vous êtes sur les nefs. A ce moment d'exaspération, une tape pourra parfois stopper net la crise et sera préférable à la poursuite d'une grosse dispute.
Dans certains cas, le parent donne une fessée par peur : l'enfant met ses doigts dans une prise ou traverse la rue sans regarder, et la fessée " part " toute seule, motivée par la grande frayeur qu'a eue le parent.
Quelle que soit la situation, mieux vaut donner une tape sur le moment, et jamais à froid.
La fessée différée s'apparente à un châtiment un peu sadique. Mieux vaut alors opter pour une punition.


A quoi sert une punition ?

La punition sert à déculpabiliser l'enfant qui se sent honteux d'avoir fait une bêtise. Parfois, cette sanction le libère, alors que les cris de ses parents le culpabiliseraient encore plus et lui feraient craindre d'avoir perdu leur estime.
Ensuite, la punition rend crédible l'interdiction. Parfois, la simple formulation des interdits ne suffit pas, et la punition fait comprendre à l'enfant qu'il y a des règles à respecter. Il apprend les bases de la vie en société.

Comment punir ?

Une punition doit être proportionnelle à la bêtise et dosée en fonction de l'âge de l'enfant. Elle doit être accompagnée de paroles : " je t'ai dit ce que j'attendais de toi. Tu n'as pas respecté notre accord. Je te punis pour ce que tu as fait... "
Ce peut être l'obligation pour l'enfant de présenter des excuses, un isolement momentané dans sa chambre (mais jamais sur le pas de porte), une privation de télévision, un raccourcissement du temps de jeu, la suppression momentanée de petits plaisirs (carambar, tour de manège...)
Mais elle ne doit pas affecter les besoins de l'enfant : pas de " privé de dessert " ou de " au lit ! ".
Toutes les punitions qui peuvent contribuer à le faire régresser sont à bannir. En le privant d'argent de poche par exemple, vous lui ôtez son statut de " grand " capable de prendre cette responsabilité. En l'obligeant à faire des lignes d'écritures ou du ménage, vous lui donnez le sentiment qu'aider à la maison ou apprendre à l'école sont des sanctions.

Enfin ne le privez pas des plaisirs essentiels d'enfants de son âge (goûters d'anniversaire, cadeaux de Noël...) Un enfant a aussi besoin de joie de vivre pour se construire, et ce type de punition pourrait lui faire perdre sa confiance et sa gaieté.

 
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