Cauchemars et terreurs nocturnes chez les petits

Article par Marie-Lucie VANLERBERGHE , le 09/12/2005 à 17h45 , modifié le 10/11/2006 à 11h15 1 commentaire

Votre enfant pousse des cris pendant la nuit, et vous courrez le rassurer, c'est bien normal. Le docteur Michel Lecendreux, pédopsychiatre à l'hôpital Robert Debré à Paris, apporte son éclairage sur le comportement à adopter, différent selon que l'enfant fait un cauchemar ou doit faire face à une terreur nocturne.

Que faire quand un enfant crie en pleine nuit ?

Dans le cas d'un cauchemar, il s'agit seulement d'un mauvais rêve. Les cauchemars arrivent le plus souvent vers la fin de la nuit, l'enfant se réveille et a quelque chose à raconter, un souvenir, des images.
Lorsqu'un petit pousse un cri dans la première partie la nuit, avec une réaction d'effroi, il s'agit le plus souvent de terreur nocturne. L'enfant est alors difficile à consoler. En fait, il dort profondément, ce phénomène est assez proche du somnambulisme.

Il fait un cauchemar, comment réagir ?

Vous pouvez rassurer et consoler votre enfant in situ avec des mots simples. Ecoutez-le raconter son cauchemar ou demandez-lui ce qui s'est passé en le rassurant. Mieux vaut lui expliquer qu'il a fait un mauvais rêve que de se mettre à quatre pattes pour lui montrer qu'il n'y a rien sous le lit. Ce type de comportement ritualise ses peurs et peut renforcer son anxiété. Essayez de ne pas céder s'il veut venir dans votre lit, car plus vous prenez cette habitude, plus il risque de se réveiller persuadé que son cauchemar est menaçant et que vous seule pouvez le rassurer.

Peut-on prévenir les cauchemars de son enfant ?

Tout ce qui peut réduire son stress dans la journée diminue le risque qu'il fasse des cauchemars. On peut aussi confronter l'imaginaire de l'enfant à certains animaux qui lui font peur en lui lisant des histoires. Dans le cas d'un enfant très sensible, vous pouvez lui raconter des histoires drôles, qui se moquent des monstres.


Faut-il s'en inquiéter ?

Non, sauf si les cauchemars sont très fréquents, et toujours sur le même thème. A ce moment-là, l'avis d'un psychiatre peut vous aider à savoir si votre enfant n'a pas été traumatisé par un événement, entraînant ces cauchemars à répétition.

Comment différencier un cauchemar d'une terreur nocturne ?

Elle survient au début de la nuit, alors que l'enfant dort profondément. Il manifeste des signes physiques de peur : transpiration, respiration saccadée, regard terrifié, comportement de panique. L'enfant peut ne pas reconnaître ses parents, ce qui est pour eux très angoissant.

Comment réagir ?

Ne réveillez pas votre enfant, même si son état vous impressionne. Ne vous angoissez pas, une terreur nocturne est un problème de maturation du système veille/sommeil. Ce trouble active le système neurovégétatif, qui est celui de l'angoisse, d'où ces manifestations de peur panique.


Faut-il en parler le lendemain ?

Inutile d'évoquer la chose le lendemain, l'enfant ne s'en souvient pas et cela pourrait l'inquiéter inutilement. Si c'est arrivé en dehors de la maison et qu'on lui a raconté l'épisode de façon dramatique, expliquez-lui que ce n'est rien, qu'il a juste mal dormi et que cela peut arriver à tout le monde.

Comment y remédier ?

Le manque de sommeil ou la fièvre sont des facteurs qui augmentent la probabilité d'avoir une terreur nocturne. En général, ces perturbations disparaissent avec l'âge.
Il n'y a aucun motif d'inquiétude, sauf dans le cas de terreurs fréquentes ou associées à un somnambulisme. Il peut être utile à ce moment là de faire un examen encéphalographique pour vérifier qu'il ne s'agit pas d'épilepsie.

 
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