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Azur et Asmar

Article par Aurore CHARLOT , le 31/05/2007 à 17h22 , modifié le 01/06/2007 à 10h30 0 commentaire

Est-il encore nécessaire de dire tout le bien qu'on pense de ce long métrage de Michel Ocelot ? Après un succès qui a amené près de 1,7 millions de spectateurs à le voir en salle, " Azur et Asmar " paraît en DVD.

Outre que Michel Ocelot, le " papa " de Kirikou, s'y révèle une fois de plus un très grand conteur, ce film éblouit par ses qualités graphiques. Il nous parle d'un temps où l'Islam des lumières était rejoint par une Europe renaissante. Ce faisant, c'est l'histoire de l'art de tout le bassin méditerranéen qui est passée en revue, une diversité de cultures nées pourtant de la même matrice. Les riches heures du duc de Berry se mêlent à la subtilité et aux raffinements de l'art arabo-byzantin. Des tableaux somptueux, presque enluminés, ouvragés par une équipe à la patience digne des moines bénédictins.

Dans un décor évoquant l'Europe médiévale, une nourrice venue de l'autre côté de la mer élève son fils Asmar, brun aux yeux noirs, et le fils de son maître, Azur, petit garçon blond aux yeux bleus. Arrivés à l'âge où ils se jalousent l'amour maternel, Azur est envoyé par son père en ville pour vivre avec un précepteur. Le père chasse ensuite la nourrice et son fils.

Quelques années plus tard, Azur décide de partir dans le pays de l'autre côté de la mer pour retrouver et épouser la fée des djinns, héroïne des contes que lui chantait sa nourrice. Une vague le fait tomber par-dessus bord et il échoue sur une plage d'un pays inconnu, dont il ne reconnaît qu'à peine la langue de sa nourrice et fuit des habitants qui craignent la malédiction des yeux bleus. Il erre en se faisant passer pour aveugle, guidé par un autre blanc Crapoux, servi par la voix de Patrick Timsit, en recherchant les trois clés nécessaires pour accéder à la fée des djinns. Cette rencontre est une version amusante de la fable de l'aveugle et du paralytique, de Florian, fabuliste très mal connu qui fut le précepteur de Louis XV, dont le préambule pourrait d'ailleurs servir d'exergue au film :

Aidons-nous mutuellement,
La charge des malheurs en sera plus légère ;
Le bien que l'on fait à son frère
Pour le mal que l'on souffre est un soulagement.

En ville, Azur retrouve sa nourrice, devenue Jenane, la veuve d'un riche marchand. Malgré la rancœur d'Asmar pour avoir été chassé par le père d'Azur, Jenane décide de soutenir équitablement ses deux fils dans leur quête de la fée.

Comme Azur et Asmar, nous baignons dans nos cultures. Nous les pensons étrangères l'une à l'autre parce qu'elles sont différentes. Pourtant, ces cultures ont été élevées au même lait, nourries par une même civilisation. Leurs différences ne sont pas plus lourdes qu'un accent devant leurs points communs. Michel Ocelot nous invite à œuvrer ensemble, non pas à nous tolérer, mais à mettre nos vies en partage. La tolérance est une terre stérile où rien ne germe. C'est le partage et l'œuvre commune qui grandissent une société. Pas au non de la morale. Mieux, au nom de l'intérêt de chacun. L'humanité de Michel Ocelot ne repose pas sur le plus petit dénominateur commun auquel il faudrait se résoudre, comme on déclare une trêve. Il dessine une humanité où le tout est bien supérieur à la somme des parties.

DVD Azur et AsmarSortie DVD le 27 avril 2007 - éditions simple (19,99 €) et prestige (24,99 €) - Diaphana édition vidéo

 
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