• Maman
  • Enfants

Refaire sa vie avec les enfants d'un autre

Article par Marie-Lucie VANLERBERGHE , le 26/08/2008 à 16h39 , modifié le 04/09/2008 à 09h46 2 commentaires

Supporter les enfants de l'autre et s'en faire accepter n'a rien d'évident. Derrière l'image idéalisée de la famille reconstituée se cache une réalité souvent plus difficile à vivre, dans laquelle chacun peine à trouver sa place. Marie-Dominique Linder, psychanalyste et co-auteur de "Famille recomposées" chez Hachette Pratique, propose d'établir des règles d'intelligence de vie.

Savoir se faire accepter des enfants
- Il ne faut ne pas chercher à tout prix à se faire aimer des enfants. La bonne attitude consiste à garder une certaine neutralité et un peu de distance. Mieux vaut laisser venir les enfants vers soi et avoir conscience que s'intégrer dans un rythme de vie familial prend du temps !
- On doit accepter d'être le mal aimé des enfants dans un premier temps. Autant dire qu'il faut une bonne maturité affective !
- Deux erreurs à ne pas commettre : user de stratégies de séduction auprès des enfants et se placer en rivalité avec le parent séparé. Un enfant ne laisse pas critiquer son parent, aussi " coupable " soit-il !

Intervenir ou pas dans l'éducation
- Il vaut mieux éviter de s'immiscer dans le domaine, sauf si l'autre parent le demande et crée un " contrat " devant les enfants. On ne peut avoir d'autorité que si l'on est reconnu dans ce rôle par son partenaire. Mais il faut aussi du quotidien, du vécu avec les enfants avant de prendre cette place. C'est aussi plus facile lorsque le parent séparé est " présent " au plan éducatif.
- Quand le nouveau venu est un homme, il ne ressent pas toujours l'envie d'endosser ce rôle éducatif. Dans le sens inverse, c'est plus délicat, car la belle-mère doit souvent gérer le quotidien. A un moment donné, elle doit pouvoir dire : " va ranger ta chambre ". Le père doit la désigner en présence des enfants, et lui déléguer l'autorité.

Pour gérer les tensions
- Il faut arriver à se parler, à nommer les sentiments difficiles. On trouve souvent que les enfants de l'autre sont mal élevés. En réalité, on a du mal à accepter la différence, à intégrer ces enfants que l'on n'a pas fait. Il faut reconnaître ces difficultés relationnelles et dire à son partenaire : " j'ai du mal avec ton enfant, je ne sais pas comment faire... " plutôt que de l'attaquer sur le thème " ton fils est mal élevé... "
- Un travail sur soi est nécessaire pour accepter la différence et reconnaître la souffrance de l'autre. Cette démarche demande de se remettre en question, il faut beaucoup d'humilité !
- Au quotidien, on peut proposer une charte de vie ensemble, une règle du jeu avec les enfants pour que le quotidien se passe agréablement.

Quelques facteurs " facilitants "
- Lorsque le couple parental précédent a réglé ses problèmes et que la relation est pacifiée, cela facilite la reconstruction.
L'âge des enfants influe également : plus les enfants sont jeunes, plus le lien se crée " naturellement ".
- On a remarqué que les relations entre les enfants des deux premiers lits se passent généralement bien. Et lorsqu'un bébé naît du couple reformé, cela rapproche la nouvelle famille, légitime le nouveau couple aux yeux des enfants et crée de la sécurité.

 
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.



de Maman
logAudience