Un divorce laisse des séquelles dans le temps. Pour 88 % des sondés, le divorce des parents a agi sur leur personnalité. Certains disent avoir peur d'être abandonné, manquer de confiance, souffrir de dépression. Si certains sont devenus plus forts, il faut toutefois reconnaître que les enfants souffrent énormément du divorce de leurs parents, s'insurge Dominique Marcilhacy, porte-parole de l'association,
Avec plus de 55 % de divorces prononcés par consentement mutuel, on entretient le mythe du divorce heureux. Mais il ne faut pas banaliser les impacts du divorce chez les enfants.
Régression
Plus les enfants sont jeunes, plus la durée de privation est longue, plus grands sont les risques. La séparation exige de l'enfant une adaptation soudaine et une redéfinition complète de son monde qui occasionne un ralentissement de son développement et une période de régression. Les enfants de 3 à 5 ans tentent de nier la séparation en adoptant des comportements du stade antérieur : "pipi" au lit, difficulté du langage, cauchemars plus fréquents.
Agressivité
Ils peuvent manifester de la colère en cherchant à trouver un coupable. Cette colère peut être interprétée comme l'extériorisation d'un sentiment de rejet et d'impuissance. Les enfants ne choisissent pas cette séparation : ils subissent la décision de leurs parents et se sentent mis à l'écart. Après l'annonce de la rupture, la colère est une réaction normale, on peut la considérer comme constructive.
Tristesse
Elle n'est pas souvent verbalisée : les enfants et les adolescents la vivent souvent seuls. Cette déception perturbe l'image qu'ils ont d'eux-mêmes et de la relation à l'autre.
Culpabilité
Les bambins s'interrogent sur leur comportement, leurs gestes antérieurs et se sentent responsables des disputes des parents ou de leur décision de séparation. Faute de comprendre le "pourquoi", ils concluent que c'est de leur faute surtout vers 8-9 ans.
La peur d'être abandonné(e)
Lors d'un divorce, l'enfant est généralement confié à la maman. A cet instant, il croit avoir perdu son père car il ne le voit plus aussi souvent. En conséquence, une nouvelle crainte l'envahit : la perte de sa mère.
Tentative de réconciliation
Les enfants ont un désir très fort, même après 10 ans de réconcilier leurs parents.
Conflits de loyauté
Tous les psychologues ne sont pas d'accord sur ce concept mais ils reconnaissent tous que l'enfant peut être porté à soutenir le parent qu'il estime le plus victime, le plus vulnérable. Beaucoup de parents supportent mal que leurs enfants puissent avoir une relation positive avec l'ex-conjoint. L'enfant est alors habité par le sentiment qu'il va toujours trahir un de ses parents. Une aide spécialisée et extérieure est nécessaire pour aider l'enfant à sortir de ce cercle infernal.
Le divorce a aussi des conséquences économiques
Les enfants reprochent à la mère ses restrictions budgétaires et recherchent chez le père des récompenses financières compensatoires de cette disparité. Cette quête sera d'autant plus entendue que certains pères compensent leur manque de présence par des largesses financières auprès des enfants.
Attention aux réactions des enfants lors du divorce, elles peuvent être multiples
Donc il ne faut pas minimiser ces réactions mais reconnaître les besoins accrus d'affection des enfants dans cette période troublée. Pour les parents, répondre à ces besoins est une tâche difficile, car ils sont eux-mêmes dans une période de crise intense amenant tristesse, culpabilité et grande confusion.
Sept règles à observer
1- Les enfants doivent être tenus hors du conflit du couple
2- Les enfants ont besoin d'être informés par les deux parents de préférence
3- Les enfants ont besoin d'être rassurés sur l'amour de chacun des parents
4- Les enfants ont besoin d'aimer librement chacun des parents
5- Les enfants ont besoin de reconnaître la permanence du divorce
6- Les enfants ont besoin de sentir que les parents sont capables de se parler
7-Il ne faut pas obliger l'enfant à prendre le parti de l'un des parents
Notons que 130.000 divorces ont été prononcés en France l'année dernière.