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Pourquoi la famille est-elle toujours une valeur refuge en 2013 ?

Article par Anne-Flore GASPAR-LOLLIOT , le 06/03/2013 à 14h23 , modifié le 06/03/2013 à 14h29 0 commentaire

Selon un sondage CSA* pour l'Union nationale privés sanitaires et sociaux (Uniopps) et l'assureur Macif publié le 23 janvier dernier et consacré à la notion de " solidarité ", la famille reste la valeur la plus importante pour près de la moitié des Français (46 %).

Définition de la « famille »
Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la famille est « la partie d'un ménage (ensemble des occupants d'un même logement) comprenant au moins deux personnes ». La définition du Larousse quant à elle commence par « ensemble formé par le père, la mère (ou par l'un des deux) et les enfants » pour s'étendre sur une bonne trentaine de lignes, et définissant au passage les notions de familles recomposée, étendue, indivise ou jointe. Celle de Wikipédia est encore plus large puisqu'elle parle d'une « communauté de personnes réunies par des liens de parenté » selon les termes de l'anthropologue Claude Levi-Strauss. En ce début 2013 placé sous le débat sur l'homoparentalité, et avec l'augmentation des divorces, des familles monoparentales ou recomposées que tout le monde connaît, tenter le définir le terme de « famille » paraît bien réducteur voire impossible.

Parce que « nous »
En janvier 2003, Irène Théry, sociologue du droit, spécialiste de la famille et de la vie privée et auteure du livre Le démariage (éditions Odile Jacob) donnait déjà un avis similaire sur ces évolutions de la famille et du mariage au mensuel Le Dirigeant : « la valeur familiale n'est absolument pas atteinte. (...) Nos contemporains placent très haut la famille dans l'échelle des valeurs. Pour les nouvelles générations, elle arrive même en tête. La famille a regagné (...) une certaine authenticité. C'est aussi parce que c'est une valeur refuge, c'est l'endroit où il y a un " nous ". (...) cette crise du divorce n'entraîne pas nécessairement la fin de la famille, des relations parents-enfants. (...) Les recompositions familiales, les familles monoparentales, font partie du paysage familial ».

Parce que la crise
Le 03 juillet 2012, l'étude ING-Direct-TNS Sofres** sur les rapports des Français avec l'argent révélait déjà que la famille et le foyer étaient une priorité pour 81 % des sondés, au détriment des loisirs et de la satisfaction individuelle. Des résultats que Gérard Mermet, sociologue et président du cabinet d'études Francoscopie, avait alors expliqués de la façon suivante au quotidien Metro : "Avec la crise, les gens ont pris conscience que le monde pouvait être imprévisible et menaçant, ce qui les pousse à se recentrer sur la cellule familiale, considérée comme la plus fiable". En tête des priorités des Français (pour qui réussir sa vie de famille est plus important qu'avoir un travail qui plaît à 43 % contre 26,4 %) figurait alors la vie de famille (49,8 %), suivie des biens, comme la maison, l'appartement ou la voiture (27 %). Et le sociologue Gérard Mermet de conclure : « On s'est rendu compte combien il est plus facile de rendre sa vie meilleure que de changer le monde, c'est pourquoi on investit de plus en plus dans son foyer. (...) Le foyer devient une bulle de sécurité et de convivialité ».

 

*réalisé par internet du 18 au 20 décembre, sur un échantillon de 990 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

**menée du 29 mars au 2 avril 2012 sur 2025 individus âgés de 18 ans et plus, représentatifs de la population française (Recueil Online, sur panel d'internautes TNS).

 
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