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Phénomène : ces femmes qui vendent leur lait sur internet

Article par Anne-Flore GASPAR-LOLLIOT , le 05/02/2013 à 17h36 0 commentaire

En 2010, une jeune maman britannique a fait parler d'elle en mettant son excédent de lait maternel en vente sur internet. Loin d'être un phénomène courant, elle a quand même lancé une tendance risquée.

Les faits
En 2010, suite à la plaisanterie d'un ami sur sa production quasi industrielle de lait maternel, Toni Ebdon, 26 ans, décide de mettre son excédent de lait en vente sur internet. Tous les médias s'intéressent alors à ce surprenant commerce (15 £, soit 18 €, les 237 ml) qui, contrairement à ce que l'on pourrait penser, n'attire pas que de jeunes mamans dans l'impossibilité d'allaiter mais surtout des hommes. Depuis, de nombreux groupes dédiés à ces échanges se sont créés sur les réseaux sociaux à travers le monde, et il est désormais possible d'acheter son biberon de lait (maternel) frais à une prolifique allaitante désireuse d'arrondir ses fins de mois difficiles en un clic dans une centaine de pays. Pourtant, cela n'est pas sans risques.

Les risques
En 2011, bien que la vente de lait maternel entre particuliers ne soit pourtant pas très répandue en France, l'Association des lactariums de France (ADLF) et la Société française de néonatalogie ont en effet publié une mise en garde sur les dangers de ce lait proposé sur Internet. Dans la centaine de pays où la pratique de ce négoce existe, aucun contrôle n'est effectué, augmentant ainsi le risque de contamination. Susceptible de contenir des germes ou des bactéries (staphylocoques, streptocoques), ce lait peut en effet provoquer des infections sévères (septicémies, méningites) ou contenir des virus (hépatites B et C, sida, HTLV). Sans parler de certains médicaments ou de substances illicites néfastes. Dans une interview donnée à la journaliste Anne Jeanblanc pour Le Point, le Pr Jean-Charles Picaud, président de l'ADLF, s'inquiétait de cette pratique numérique : « Je redoute que le fait d'acheter ainsi du lait maternel devienne une espèce de mode. Mais diffuser un communiqué d'alerte est une arme à double tranchant, car c'est aussi informer les femmes que cela existe. »

L'alternative
En France, les lactariums (centres de collecte, d'analyse, de traitement et de distribution de lait maternel) sont le seul organisme habilité à recevoir les dons de lait maternel. Ils procèdent systématiquement au contrôle du lait et des habitudes des donneuses, le pasteurisent et le destinent prioritairement à l'alimentation des nourrissons prématurés. Hélas, les quantités de lait recueillies chaque année sont loin d'être suffisantes pour couvrir les besoins des petits prématurés. Alors plutôt que de jouer à la marchande en mettant en jeu la santé d'un ou plusieurs bébés, les super productrices de lait peuvent toujours faire acte de générosité. Rappelons d'ailleurs que chez nous, la loi interdit toute forme de commerce du corps (organes, sang, sperme/ovocytes, lait maternel...), au profit du don.

Consultez la carte des lactariums de France

 
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