Mon enfant est gaucher : faut-il se méfier des a priori ?

Article par Aurélie Djavadi , le 03/12/2009 à 16h11 , modifié le 06/12/2009 à 11h27 1 commentaire

Si l'on est plus compréhensif aujourd'hui vis-à-vis des gauchers, des idées reçues perdurent. La plupart sont erronées, comme l'explique Marie-Alice Du Pasquier-Grall, psychologue et psychanalyste.

Vous avez publié en 2001 un ouvrage sur les idées reçues à propos des gauchers. Avez-vous l'impression que les mentalités ont évolué ?
 
Marie-Alice Du Pasquier-Grall : La situation a beaucoup changé. Depuis quelques années, on laisse les enfants libres d'écrire avec la main de leur choix. Mais il subsiste une vague inquiétude par rapport à la survenue d'un gaucher dans la famille. On entend encore dire que tel ou tel enseignant encourage ses élèves à se servir de la main droite. Globalement, toutefois, le débat est plus apaisé.
 
Ces craintes ont-elles un fondement ?
 
Les gauchers se trouvent en position de minorité, et la différence est quelque chose qui dérange. Cependant, de raison objective à cette appréhension, il n'y en a pas ! Le fait de s'orienter d'un côté plutôt que de l'autre est un phénomène naturel, le corps humain est asymétrique. On a dit les gauchers plus maladroits, dyslexiques : c'est faux ! De même, on les a parfois  présentés comme des génies, mais ils ne sont pas plus doués que les droitiers.
 
Le système d'écriture de gauche à droite ne provoque-t-il pas plus de difficultés chez les enfants gauchers ?
 
Non, ce n'est pas parce que l'on est gaucher que l'on va rencontrer des problèmes d'écriture ; ceux-ci s'expliquent sur le plan du langage, mais n'ont rien à voir avec la latéralité. Certes, lors de la phase d'apprentissage, un enfant qui tient son crayon de sa main gauche ne voit pas ce qu'il écrit, contrairement au droitier. Mais la solution relève de la pédagogie : il suffit de lui apprendre à bien se positionner. Le problème est que l'on a tendance à penser l'écriture en termes de formes, alors que c'est un mouvement sur la ligne, en lien avec le rythme du langage qu'il inscrit. 
 
Quel conseil donner aux parents ?
 
Si un enfant est gaucher, il ne faut pas en faire toute une affaire, mais simplement l'aider, comme on le fait avec un droitier. Les gauchers, eux aussi, ont le droit d'être pris en compte !
 
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