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Mettre un enfant ou un ado en internat : est-ce la bonne solution ?

Article par , le 09/02/2012 à 14h58 , modifié le 09/02/2012 à 18h43 0 commentaire

Jadis, la pension était considérée comme une punition et était redoutée par les enfants et les adolescents. Aujourd'hui, les données ont-elles vraiment changé ?

Pourquoi mettre son enfant ou adolescent en internat ? Conflits parentaux, échecs scolaires... l'internat est-il LA solution ? Faut-il prendre la décision avec l'enfant ou l'ado ? Quels sont les avantages et les inconvénients ? Quelle que soit la raison, le choix doit-il être mûri ?
L'internat ne doit pas être une punition mais plutôt un élan pour les enfants. Renée Greusard, auteur du livre "Mettre mon ado en internat : une bonne solution ?" (éditions L'étudiant), a répondu à nos questions.

Tout d'abord quelle est la différence entre un internat et un collège ou lycée dit normal ?

Il n'y en a pas vraiment. La seule différence : l'internat possède une structure qui permet d'accueillir des enfants 24h sur 24. Les effectifs sont en principe qualifiés pour gérer et encadrer les enfants internes.

Pourquoi les parents vont-ils prendre la décision de mettre leur enfant en internat ? Quelles sont les véritables raisons ?

Il y a 10 000 raisons. Parmi elles, il y a l'envie pour les parents et l'enfant d'avoir de meilleurs résultats, il y a un climat familial (mésentente entre l'un des deux parents et l'enfant) qui est un peu toxique et il peut y avoir aussi la volonté des parents de mettre leur enfant à l'abri, de les protéger quand l'environnement devient difficile (ex. : comme un divorce) ou quand leur travail est trop prenant.

Votre enfant est en échec scolaire ou en conflit avec la famille : l'internat est-il la meilleure solution ?

Globalement, la décision de mettre un enfant en internat peut être une solution. Mais il faut aussi réfléchir aux conséquences et ne pas se jeter sur le premier internat venu. Selon certains psychologues, la première question que les parents doivent se poser est "est-ce que cet internat est adapté à mon enfant ?". Il y en a des bons mais aussi des mauvais. Il faut cibler celui qui sera le plus adapté à votre enfant (au niveau de l'encadrement, de l'éducation, de ses besoins, de ses attentes...).
Tous les enfants sont différents. Certains y trouveront leur bonheur. D'autres le vivront très mal et leur scolarité ne sera pas meilleure. Il faut que la décision d'envoyer un enfant dans un internat soit mûrement réfléchie. Quand la décision est prise par les parents, la plupart des psychologues conseillent d'en parler avec l'enfant tout en étant assuré de votre décision qu'il vaut mieux ferme et définitive.

Les parents et les enfants sont-ils de plus en plus séduits par cette solution ?

Au début du 20ème siècle, on critiquait beaucoup les internats (au niveau du confort, de l'hygiène, des mœurs parfois rudes...). Il y a un imaginaire tenace mais l'internat n'est pas une "prison" et il ne faut pas le présenter comme une punition. Cette vision de l'internat est dépassée. Certes, certains internats sont stricts mais d'autres sont en revanche trop laxistes. L'internat a beaucoup évolué mais il faut que les parents se renseignent le plus possible, le visitent, parlent beaucoup avec les parents d'élèves pour voir si le choix de l'internat est parfaitement adapté à leur enfant. L'internat n'est pas vraiment à la mode de nos jours. Dans les années 1970, 13 % des élèves du second degré étaient internes. En 2010, ils ne seraient que 4,1 % selon le Ministère de l'éducation.

Nous avons tous eu droit à cette phrase : "si tu ne travailles pas bien à l'école, je vais te mettre en pension". L'internat peut-il vraiment permettre à l'enfant de reprendre goût aux études ?

La réponse est mitigée. Il y a des enfants qui se sont mis à travailler. Ils ont trouvé une autonomie et une confiance en eux. Pour d'autres, les résultats ont chuté car ils préfèrent les copains aux études et ils ont aussi découvert les joies de la liberté (les parents absents et l'établissement trop laxiste). Attention aussi aux enfants qui décident d'aller en internat pour suivre la meilleure copine ou le meilleur copain. Cette décision peut être catastrophique et les résultats scolaires s'en ressentiront. Il y a un risque d'échec car la décision n'aura pas été réfléchie des deux côtés.

Vous voulez envoyer votre enfant en internat. Faut-il en parler avec lui ?

Selon certains psychologues, cette décision ne doit pas être prise à la légère par les parents. Il faut y réfléchir et en parler avec l'enfant. Mais dès que la décision est prise, il faut s'y tenir, ne pas s'excuser et ne pas se sentir coupable. Il faut lui faire comprendre que c'est une bonne solution et que c'est aussi un service rendu à votre enfant.

Votre enfant n'a jamais quitté le cocon familial. Il redoute la séparation. Quels sont les arguments qui peuvent le faire fléchir ? Y a-t-il des mots pour le rassurer, pour lui faire comprendre qu'il ne s'agit pas d'une punition ?

Il faut bien expliquer que vous l'aimez, que vous prenez cette décision pour son bien (par exemple si vous êtes toujours sur la route ou en voyage d'affaires...), qu'il est important de faire des études.  J'ai rencontré un ado de 14 ans qui s'appelle Gwenaël. Ses parents sont bateliers et passent leur vie sur une péniche. Il est donc rentré à l'internat dès ses 6 ans. A son retour à la maison, souvent quand il a eu de bons résultats, ses parents lui font de petits cadeaux pour le féliciter. C'est une très bonne idée parce que ça permet à la fois de féliciter l'enfant pour un effort qu'il a accompli pendant l'absence de ses parents mais aussi de lui témoigner de l'affection. Attention, l'idée ce n'est pas que l'enfant soit pourri-gâté par les cadeaux. Il faut lui offrir les cadeaux avec parcimonie.

En cas de refus de l'enfant, faut-il insister ou faire machine arrière ?

Il ne faut pas faire machine arrière. Le rôle des parents est de lui expliquer que cette décision est importante. Ces explications doivent se faire calmement. Il faut en effet éviter les cris et les crises de larmes.

Quel est le meilleur moment (l'âge par exemple) pour mettre un enfant en internat ?

Pour moi avant le collège, c'est trop tôt. Mais certains parents, ceux qui travaillent beaucoup et qui doivent voyager,  n'ont pas trop le choix et j'ai rencontré des enfants qui ont connu l'internat à l'âge de 6 ans. En primaire, il faut cependant éviter. A l'heure du collège, c'est mieux mais ce choix ne doit pas être pris dans l'unique but de se décharger de son enfant.

Si un enfant est toujours dans les jupons de sa maman, l'internat va-t-il lui permettre d'accéder à la maturité, à l'indépendance.

Tout dépend de l'enfant. Certains vont découvrir une vie d'autonomie et s'épanouir. D'autres enfants vont s'installer dans une mauvaise dynamique en transgressant les règlements de l'internat, en défiant l'encadrement spécialisé.  Comme partout !

Mettre son enfant en internat : quels sont les avantages et les inconvénients ?

Les avantages peuvent être les suivants : une équipe enseignante à la hauteur fera un bon travail auprès de l'enfant, l'enfant va découvrir la vie en société, il va se faire de nouveaux copains, il va pouvoir se focaliser sur ses études et apprendre à travailler tout seul.
Les inconvénients : l'enfant se détournera de sa scolarité si les parents ont fait le mauvais choix (comme dans un collège ou lycée normal). Certains internats sont mauvais (encadrement trop souple...), la solution de l'internat peut être trop violente pour un enfant introverti, certains parents subissent des reproches.
 
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