• Maman
  • Enfants

La maltraitance des enfants, on en parle sur France 5

Article par , le 24/01/2012 à 11h55 , modifié le 24/01/2012 à 12h52 0 commentaire

Marie Bonhommet ouvre le débat sur la maltraitance des enfants dans Motus et bouche cousue mardi sur France 5 en interrogeant notamment des spécialistes et professionnels de la petite enfance.

La maltraitance en France est en effet mal repérée, mal prise en charge et reste un sujet tabou. Il y a aussi des impuissances et des dysfonctionnements à tous les niveaux. La maltraitance des enfants, battus, privés de soins ou encore victimes d'abus sexuels, est toujours à l'origine de drames familiaux. Ces drames posent de nombreuses questions. Comment diagnostiquer la maltraitance ? Comment prendre en charge ces enfants en danger ? Pourquoi les services sociaux et la justice ne réussissent pas toujours à sauver ces enfants maltraités comme dans le cas d'Enzo. 

Depuis le décès d'Enzo (2 ans), Salim, son père, veut comprendre. Comprendre pourquoi, malgré la suspicion de maltraitance signalée au procureur par le pédiatre qui l'a examiné et ses dix jours d'hospitalisation, sont fils a été rendu à sa mère.  Il veut comprendre pourquoi nul n'a pu le soustraire aux coups mortels portés par un beau-père, maître-chien, qui était résolu à le "dresser" comme ses bêtes : "J'en veux à mon ex-compagne qui l'a laissé mourir à petit feu et n'a rien dit, explique Salim. J'en veux beaucoup à la justice qui n'a pas su protéger mon fils, car c'était son devoir.  J'ai un sentiment de colère contre tous ceux qui ont vu Enzo triste, malheureux et qui n'ont rien fait". Mais Enzo n'est pas un cas isolé, il y a eu aussi....Bastien, Marina, Lorenzo...

Diagnostiquer la maltraitance infligée à un enfant est une tâche complexe pour plusieurs raisons selon Caroline Rey-Salmon, pédiatre-légiste et chef de l'unité médico-judiciaire de l'Hôtel Dieu (AP-HP). D'abord parce que les mots pour dire sa souffrance lui manquent. Ensuite parce que décrypter des lésions suspectes "nécessite une expertise que peu de médecins possèdent en France". Si désormais l'observation d'un syndrome du "bébé secoué" dont les séquelles peuvent être dramatiques, oblige le praticien à transmettre un signalement à la justice, tous les bambins amenés aux urgences par un parent paniqué ne sont pas, loin de là, identifiés comme des victimes potentielles.

De nos jours, les pouvoirs publics restent impuissants

Pourquoi ? Parce que les soupçons du personnel médical ou des spécialistes en charge de la protection de la petite enfance passent après la parole du ou des parents. Les choses doivent changer ! C'est du moins l'avis de Martine Brousse, déléguée générale de l'association La voix de l'enfant : "On maintient des enfants dans leur famille au nom du lien du sang. (...) Ce que La voix de l'enfant demande, c'est que l'on respecte les parents mais que lorsqu'il y a un doute, lorsqu'il y a maltraitance, la priorité soit donnée à l'enfant". En plus, le calendrier judiciaire est long à se mettre en marche et les moyens dévolus aux travailleurs sociaux ou professionnels manquent. Les professionnels interrogés par Marie Bonhommet ne cachent pas leurs attentes d'une mobilisation de tous les acteurs. Il faut remettre à plat l'organisation de la protection de l'enfance en donnant des responsabilités accrues aux services sociaux départementaux. La loi de mars 2007 est aussi en souffrance. Pourtant, le fonds de 150 millions d'euros prévu pour sa mise en œuvre n'a toujours pas été débloqué.

La maltraitance des enfants, qu'est-ce que c'est ?

La maltraitance, c'est quand l'enfant est victime de menaces, d'intimidations et/ou d'interactions violentes de nature physique, psychique sociale ou sexuelle. Quand on parle de maltraitance, on pense aux violences physiques qui se repèrent facilement puisqu'elles laissent des traces sur le corps de l'enfant (hématomes, brûlures ou griffures, entailles ou plaies trop fréquentes, des traces de coups inexpliqués, des fractures multiples, des morsures et la liste n'est malheureusement pas exhaustive). Mais il y en a d'autres. La maltraitance, c'est aussi :

-le manque d'alimentation (perte de poids, anorexie mentale...), d'hygiène et de soins,
-les agressions verbales et les humiliations,
-la maltraitance sexuelle, très cruelle pour un enfant. C'est une agression physique insupportable. D'ailleurs le risque de troubles mentaux graves, de suicides, de dépression est important chez les enfants abusés sexuellement.

La maltraitance des enfants : connaît-on vraiment le nombre de victimes ?

On sait qu'une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint mais il n'y a pas vraiment de chiffres concernant la maltraitance des enfants. En 2006, on estimait que 19 000 enfants étaient maltraités chaque année. L'Ordre national des médecins a également indiqué sur son site internet que la maltraitance affecterait entre 40 000 et 50 000 mineurs et serait responsable du décès de 700 à 800 mineurs tous les ans.

La maltraitance des enfants n'est pas toujours visible

Les victimes, souvent trop petites, ne sont pas conscientes du mal infligé. Certaines plus âgées se sentent parfois responsables et coupables de la situation. Les victimes, souvent maltraitées par un proche, ne veulent pas les dénoncer. L'agresseur a ainsi une mainmise sur l'enfant. Mais les conséquences de la maltraitance peuvent durer tout au long d'une vie quand l'enfant survit à ces sévices. 

 
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.



de Maman
logAudience