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Enfants prodiges : la leçon de piano version Michel Sogny

Article par , le 27/04/2011 à 11h11 , modifié le 27/04/2011 à 21h35 0 commentaire

La Fondation SOS Talents, créée par Michel Sogny en l'an 2000, découvre et soutient les jeunes surdoués du piano en développant leur créativité. Il repère ces jeunes talents en herbe au fil de ses voyages, de ses rencontres et de ses intuitions. Ce pianiste, compositeur, docteur en philosophie et maître en psychologie a accepté de répondre à notre interview.

Depuis des années, l'une des vocations de Michel Sogny est de repérer les interprètes de demain. Il a su démocratiser cet art, réputé comme inaccessible s'il n'est pas enseigné dès l'enfance. C'est parti pour le jeu des questions/réponses :

Grâce à votre Fondation, vous sillonnez la planète à la recherche de jeunes pianistes surdoués. Vous écoutez de nombreux enfants ou adolescents ! Dans quel(s) pays, sur quel continent, il y a le plus d'enfants prometteurs ?

En priorité, je me rends dans les pays de l'Est. De nos jours, ces pays connaissent encore beaucoup de difficultés sur le plan économique et il est donc nécessaire de leur tendre la main pour développer les talents de ces enfants prometteurs.

Bon à savoir : 

Il faut savoir que de nombreux jeunes venus d'Allemagne, de Biélorussie, de Géorgie, de Hongrie, de Lituanie, de Russie, de Serbie ou encore de Suisse ont bénéficié du soutien de la Fondation.

Vous dites "On me fait écouter de nombreux enfants ou adolescents. Pour les sélectionner, je me fie à une forme d'intuition qui me porte vers veux qui conservent encore une relation naturelle à la musique". Qu'entendez-vous par là ?

Je veux dire par là que le choix est complexe et difficile. Ce qui m'intéresse c'est l'état potentiel que je ressens chez un enfant. On sent tout de suite quand un enfant est en phase avec la musique.

Certains prodiges sont très jeunes. Comment font-ils pour concilier leur passion et leurs études ? A un moment donné, doivent-ils faire un choix entre le piano et les études ?

Dans ce genre de pays, ils ont une organisation qui leur permet d'accomplir leur étude et leur passion (musicale, sportive...) d'une manière approfondie. En effet, ils n'ont pas cours l'après-midi.

Dans les jeunes talents, je vois qu'il y a beaucoup de filles ? Les filles sont-elles plus douées au piano ?

Elles ont une maturité plus précoce ! Au fil des années, ça finit par s'équilibrer. 

(La preuve, le Hongrois Adam Szokolay a reçu le premier prix au concours de Chopin à Budapest). 

A l'âge de six ans, Mozart a composé ses premières œuvres. A quel âge un enfant peut-il commencer à jouer du piano ?

On peut commencer l'étude du piano vers 4/5 ans. La plus jeune de mes élèves est une petite russe, Alexandra Massaleva, qui a été auditionnée à Saint-Pétersbourg pour la première fois alors qu'elle avait tout juste 5 ans.

Le saviez-vous ? 

Le prix spécial de "jeunes prodiges" a été attribué à cette jeune pianiste par le ministère de la culture de Russie. Ensuite, elle a obtenu le premier prix au concours international Borodine à Saint-Pétersbourg. 

Depuis onze ans,  la Fondation SOS Talents de Michel Sogny soutient les talents. Ces surdoués se voient attribuer des bourses d'études et préparent des concours internationaux. Ils développent aussi leur talent et leur créativité au moyen de la méthode composée par Michel Sogny. Quelle est cette méthode ?

Il s'agit d'un développement complémentaire qui donne plus de chance, de succès et qui peut booster les élèves puisqu'il contribue à développer le développement sensible c'est-à-dire de ressentir la musique et de l'exprimer. La sensation musicale y est graduellement ressentie dans une intensité évolutive qui mène progressivement à la maîtrise absolue du toucher.

En intégrant votre formation, y a-t-il toujours une œuvre que vous apprenez en premier à ces enfants prodiges ?

Les enfants travaillent sur mes œuvres. Ils travaillent les prolégomènes (initiation à ce qui est essentiel à la musique) et prennent part au cycle des études pour piano de Michel Sogny. Ceci constitue le deuxième axe de leur formation. Alliant l'esthétique musicale à l'efficacité pédagogique, elles procurent la liberté nécessaire à l'assimilation progressive de la technique pianistique.

Chez ces enfants surdoués, comment est née leur passion pour la musique et notamment le piano ? Les parents sont-ils des musiciens ?

La plupart du temps, les parents ne sont pas des musiciens.

Le piano est semble-t-il un instrument qui coûte assez cher. Faut-il qu'un enfant soit né dans une famille aisée pour jouer du piano ? 

Justement non ! Les pianos peuvent se louer et la fourchette de prix est grande. On voit souvent les plus doués parmi les familles les plus modestes. Ils ont un goût de l'effort et du travail... plus développé.

L'histoire dit que Mozart, dès l'âge de trois ans, avait des dons prodigieux pour la musique. Pensez-vous qu'il faut  avoir des dons pour devenir un pianiste hors-norme ou peut-on le devenir à force de travail et d'abnégation ?

Le don sans le travail ce n'est rien. Plus on est doué, plus il faut travailler. Et si Mozart n'avait pas eu un père qui le clouait à son piano, il ne serait pas devenu Mozart.

Depuis onze ans, vous avez découvert des talents. Certains sont-ils devenus des pianistes reconnus. Si oui, lesquels ?

Il y en a beaucoup qui ont remporté des prix internationaux ou qui sont invités dans les festivals. Mais la première que j'ai soutenu et que je continue de soutenir est la Géorgienne, Elisso Bolkvadze qui est une véritable star dans son pays.  

Est-ce qu'il y a un moyen de suivre votre méthode en France ?

Elle est appliquée essentiellement en Suisse. Mais j'ai encore un atelier de piano que j'ai conservé à Paris (18 avenue Kléber) et qui est à l'origine du début de mon école il y a 35 ans. Aujourd'hui, je reçois quelques élèves motivés et qui ont envie d'apprendre le piano.

Il faut savoir...

La première école de Michel Sogny, fondée en 1974, est rapidement devenue un lieu très prisé puisque Isabelle Aubret , Annie Cordy, Marie-Paule Belle, Alice Dona, Pierre Douglas, Françoise Hardy, Jeanne Manson, Henri Salvador, William Sheller, Sylvie Jolie ou encore Sempé ont fait appel à ses services.

Cliquez sur le lien pour plus d'infos

A
l'occasion du gala annuel de la Fondation SOS Talents, trois de ces talents précoces seront en concert le jeudi 16 juin à 20h00 au Musée de l'Armée en l'Hôtel national des Invalides à Paris. Il s'agit de Morta Grigaliunaite (Lituanie) qui a été repérée à l'âge de six ans, Yana Vassilieva, découverte à douze ans à Saint-Pétersbourg et Alexandra Massaleva.
 
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