La peau de bébé plus vulnérable
Même si on aimerait toutes retrouver un jour une peau de bébé, c'est-à-dire lisse et douce, il faut savoir qu'elle est beaucoup moins protégée que la nôtre. Contrairement à la peau d'adulte, la peau de bébé est environ cinq fois plus fine, donc bien plus fragile et perméable. La moindre couche de lait hydratant ou de crème est rapidement absorbée par la peau, ce qui signifie qu'elle peut mal se défendre si les produits utilisés sont agressifs ou toxiques.
Chez l'adulte, les glandes sébacées protègent efficacement des irritations et autres agressions quotidiennes (pollution, tabac...), alors que chez le nouveau-né elles ne sont pas assez matures et développées pour faire barrière aux problèmes. Ce qui explique pourquoi de nombreux bébés ont la peau rougie, irritée, et pourquoi ils souffrent d'érythèmes, caractérisés par des rougeurs souvent concentrées sur le visage et les fesses. Des problèmes qui peuvent s'aggraver à cause de certains ingrédients chimiques contenus dans les cosmétiques traditionnels.
Des cosmétiques pointés du doigt
Face à la déferlante de cosmétiques dédiés à l'enfant (bains moussants, huiles essentielles, laits hydratants, talcs...), difficile de ne pas être tentée de faire profiter bébé d'un bain parfumé, ou d'utiliser des lingettes 2 en 1 pour se faciliter la vie. Mais les risques liés à l'utilisation de produits chimiques sont réels. Une crème ou un savon trop parfumés peuvent favoriser les éruptions cutanées et les démangeaisons inconfortables.
Une étude menée en 2008 par le Comité Pour le Développement Durable en Santé, le C2DS, dénonce les effets toxiques de certains cosmétiques pour enfants, notamment ceux distribués gratuitement aux jeunes parents. Appuyée par des médecins et chercheurs, l'étude présente des conclusions plutôt alarmantes et attire l'attention sur le danger que peuvent représenter ces produits si les enfants sont en contact avec eux régulièrement.
L'Afssaps, l'agence française de sécurité sanitaire de produits de santé, a même demandé aux industriels le retrait du camphre, du menthol et de l'eucalyptol dans les produits cosmétiques destinés aux enfants de moins de 3 ans. De quoi enfoncer le clou et alerter les mamans qui n'ont pas toujours le réflexe de regarder en détail les étiquettes mentionnant les noms des ingrédients du produit, généralement barbares et inconnus du public.
Le bio, un bon compromis
Comme dit le dicton : mieux vaut prévenir que guérir ! Opter pour le bio peut permettre à la peau de bébé de mieux réagir, d'éviter au maximum rougeurs et autres manifestations allergiques. Mieux vaut laisser fluides hydratants trop parfumés, crèmes riches et huiles essentielles concentrées dans les tiroirs car leurs conservateurs chimiques peuvent sensibiliser la peau du nourrisson.
Mais halte aux idées reçues ! La cosméto bio ne traite pas pour autant un problème cutané. Elle protège contre les allergies, soulage la peau mais il reste indispensable de consulter un médecin dès l'apparition de plaques, de boutons ou de démangeaisons. Attention aussi à ne pas tomber dans la psychose contre les soins de beauté en tout genre car les formules des produits ne sont pas toutes similaires.
Et en cas d'eczéma ?
Aujourd'hui, 20% des enfants souffrent d'eczéma, contre moins de 5% dans le passé. Une expansion de la maladie à ne pas prendre à la légère, surtout si la famille de l'enfant a déjà été sujette au problème. Doit-on y voir un lien avec la prolifération des cosmétiques ? Toujours est-il qu'en complément d'un traitement, il est préférable d'utiliser des cosmétiques bio pour nettoyer et hydrater la peau sans l'agresser, et soulager d'éventuelles démangeaisons, fréquentes chez le nouveau-né.
Vigilance aussi pendant la grossesse