Ces parents qui poussent trop leurs enfants : "Tu seras un champion, mon fils"

Article par Clémence ORCEL , le 18/06/2010 à 14h10 , modifié le 18/06/2010 à 14h36 0 commentaire

Le sport : bon pour la santé, pour le moral, un moyen ludique pour les petits comme les grands de sociabiliser, de se changer les idées et d'évacuer le stress. Mais pas toujours...

Un corps sain dans un esprit sain : le point de départ de certains dérapages incontrôlés. Tout commence par de simples leçons de tennis. Petit à petit, l'enfant y prend goût, progresse et une idée survient : "Et s'il était fait pour ça ?!". Viennent alors les entraînements intensifs, les compétitions tous les week-ends, les encouragements et les sermons quotidiens des parents, l'inquiétude pour l'enfant de ne pas être à la hauteur.

Ces parents qui projettent leurs rêves sur leur enfant

Christine connaît parfaitement ce cas de figure : son fils, Julien, a suivi ce parcours plein d'embûches étant enfant et adolescent. Aujourd'hui divorcée, Christine nous raconte que son ex mari a "volé" l'enfance de son fils : "Mon ex mari était basketteur professionnel avant de se reconvertir dans la finance à cause d'un problème de santé. Il avait en lui cette frustration de ne pas être allé au bout de choses, de ne pas avoir pu mener sa carrière comme il le souhaitait. Du coup, il a projeté tous ses rêves de grandeur sur notre fils, Julien."

Pas facile pour un enfant de porter un poids pareil... Ce qui ne devait être qu'un jeu, une distraction, s'est transformé en travail quotidien : "A douze ans, il faisait déjà quinze heures de tennis par semaine. Certes, il était doué, mais je ne tenais pas à ce que cela empiète sur l'école, les copains et ses autres activités. Mon ex mari, lui, n'était jamais satisfait. Il poussait Julien en permanence, il fallait toujours qu'il joue plus et mieux, qu'il se concentre, qu'il ait l'esprit de compétition, qu'il s'imagine joueur professionnel plus tard. Mon fils n'avait que douze ans et il était stressé et préoccupé en permanence. Il ne voulait décevoir personne et ne voyait pas d'autre issue pour lui que le tennis."

Signaux de détresse

Le problème dans cette situation, c'est que l'enfant n'ose pas toujours exprimer sa détresse. Il fait ce qu'on lui demande, sans se plaindre, même s'il est physiquement ou psychologiquement à bout. "A quatorze ans, Julien enchaînait les tournois. Lorsqu'il perdait, son père était dans tous ses états. Je sentais que la colère commençait à naître chez mon fils, que les sacrifices qu'il faisait pour le tennis étaient de plus en plus lourds à porter. Il menait une vie assez isolée, se renfermait sur lui-même, n'avait pas beaucoup d'amis, pas le temps de s'intéresser aux filles de son âge."

Une question d'équilibre

Christine a donc décidé de réagir, de s'imposer face à son mari pour le bienfait de son enfant. "Mon couple était au plus mal. Nous n'arrêtions pas de nous disputer au sujet de Julien. Je voyais qu'il souffrait mais mon ex mari, lui, restait focalisé sur le tennis. J'ai réalisé que le dialogue était rompu, qu'il n'y avait plus rien à faire. J'ai demandé le divorce et ai obtenu la garde de Julien qui avait à l'époque seize ans. Il a fait le choix d'arrêter le tennis et petit à petit, a retrouvé une vie normale. Aujourd'hui, il est marié et père de famille et je sais qu'il ne fera pas la même erreur que son père. Comble de l'ironie, il est aujourd'hui professeur de sport et la première chose qu'il enseigne à ses élèves, c'est que le sport doit rester un plaisir."
 
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