Alimentation enfant : moins de sel, de sucre et de graisses à la cantine

Article par , le 04/10/2011 à 12h00 , modifié le 04/10/2011 à 14h07 0 commentaire

Six millions d'enfants mangent quotidiennement dans les cantines scolaires et un sur deux a encore faim en sortant, a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation.

Les enfants ont faim et les parents paient trop cher pour entendre cette phrase "bah, la cantine c'est pas bon. Je ne veux plus y manger". En effet les repas servis ne sont pas toujours équilibrés, sont trop salé ou sucré. Et je ne vous parle pas de la graisse. Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation a lui-même reconnu : "Les règles nutritionnelles ne sont ni appliquées ni contrôlées". En 2007, une étude de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments avait même montré que, six ans après sa publication, une circulaire de 2001 sur la composition des repas était restée ignorée par 49 % des établissements secondaires de l'Education nationale.

Pourtant la cantine scolaire est un endroit où les enfants se détendent mais doivent aussi y apprendre le goût des aliments. Mais une page est sur le point de se tourner et les enfants vont peut-être désormais scander "vive la cantine". Car les cantines scolaires vont devoir servir des repas désormais plus équilibrés avec moins de sel, de sucre et de graisses, et plus de produits frais. Cette décision est une victoire pour les parents d'élèves qui veulent désormais une bonne application de ces règles.

Varier les plats pour un bon "équilibre nutritionnel", servir des portions adaptées "à chaque classe d'âge" et ne pas laisser sel et sauces (mayonnaise, vinaigrette, ketchup) en libre accès, mais les servir "en fonction des plats", telles sont les grandes dispositions d'un décret. Pour atteindre ces objectifs, un arrêté joint au décret dresse un "grammage" très précis des portions selon les âges et fixe des limites pour les sucres, les graisses, les produits frits ou encore les viandes hachées.

Sur 20 repas successifs, il ne faut pas plus de "quatre entrées" et "trois desserts" constitués de produits gras (teneur en matières grasses supérieure à 15 %) et "pas plus de quatre plats protidiques ou garnitures constitués de produits gras à frire ou pré-frits". Il ne faut pas non plus "plus de quatre desserts constitués de produits sucrés" (contenant plus de 20 g de sucres simples au total par portion). En revanche, il faut "au moins 10 repas" avec "en entrée ou accompagnement du plat des crudités de légumes ou des fruits frais" et "au moins huit repas avec en dessert des fruits crus".

Cette réglementation est applicable depuis le lundi 3 octobre 2011, sauf pour les services de restauration servant moins de 80 couverts par jour en moyenne sur l'année et qui ont jusqu'au 1er septembre 2012 pour s'adapter. "La qualité nutritionnelle des rations servies en restauration scolaire est une priorité de santé publique. C'est une garantie de bonne prévention de l'obésité, mais aussi des maladies chroniques, et ce tout au long de la vie" selon Nicole Darmon, chercheuse en nutrition.

L'enjeu est désormais que les nouvelles règles soient bien appliquées, souligne la FCPE, le décret précisant que "les gestionnaires des restaurants scolaires tiennent à jour un registre dans lequel sont conservés, sur les trois derniers mois, les documents attestant de la composition des repas". Le Syndicat national de la restauration collective s'est dit "ravi" du décret, qui "va tirer vers le haut la qualité de l'ensemble de la restauration scolaire", tandis que le géant de la restauration collective Sodexo a assuré qu'il "appliquait déjà" ces mesures.

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