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Alcool, jeu du foulard : pourquoi les ados défient la mort ?

Article par Pauline CHANU , le 27/06/2012 à 16h20 0 commentaire

Jeu du foulard, " chicken subway ", jeu de l'autoroute, catching... 1 collégien sur 8 aurait déjà testé l'un de ces jeux dangereux. Un phénomène qui touche des ados de plus en plus jeunes.

En quoi consistent ces jeux ?
Il existe trois types de jeux dangereux. D'abord les plus connus, les jeux de non-oxygénation : jeu du foulard ou de strangulation. Puis, les jeux d'agression qui peuvent mêler au sein d'un même groupe des enfants consentants et des enfants "victimes". Enfin, il y a les jeux de défi qui répondent au modèle du "Cap ou pas cap" : "binge drinking" (alcoolisation extrême), "chicken subway" (traverser les rames de métro), absorption de désinfectant, ingestion d'hypnotiques pour rechercher l'insomnie.
Ces jeux sont responsables de la mort d'une quinzaine d'enfants par an et de bien plus d'accidents.

En quête de sens et de sensations 
Difficile en tant qu'adulte de comprendre ces jeux barbares. Grégory  Michel,  professeur de Psychologie Clinique et de Psychopathologie à l'Université Victor Segalen de Bordeaux 2 et auteur de La prise de risque à l'adolescence, explique : "Ils jouent à des jeux potentiellement mortels pour se rassurer et donner un sens à leur existence". Il s'agit d'un rite de passage correspondant à la période de transition primaire/collège. Ce rite participe à une conduite de "virilisation".
Le but pour ces ados ? Devenir des êtres extraordinaires et pouvoir comparer leurs performances. Ainsi, ils utilisent les nouvelles technologies : caméra, portable, réseaux sociaux, Bluetooth pour partager leur performance. Le danger alors : la surenchère.

Des profils en mutation
Les adeptes de ces jeux sont principalement des garçons. Mais le phénomène rajeunit et se féminise. "Depuis peu, les filles commencent à se prendre au jeu.  Parallèlement, les adolescents concernés sont de plus en plus jeunes. Avant c'était surtout des lycéens ou des étudiants, désormais ce sont des élèves de 6e et 5e",  analyse Grégory Michel. Quoi qu'il en soit ce ne sont pas des suicidaires, mais plutôt des amateurs de risques et de sensations fortes.

Que peut-on faire pour les aider ?
Les jeux se déroulant hors du cercle familial, les parents peinent à déceler chez leurs enfants des conduites dangereuses. En tant que parent, le principal est de discuter avec son enfant sans le culpabiliser ni lui asséner de discours moralisateurs. Pour Grégory Michel, il ne faut en aucun cas "infantiliser l'adolescent mais au contraire le responsabiliser en se mettant à la place de l'apprenant. On inverse les rôles et on lui demande de nous expliquer".
Le parent doit accompagner l'adolescent et le rassurer sur les questions existentielles qu'il peut se poser.
 
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